mercredi, décembre 07, 2016

Le Testament de William S.

Je ne suis pas un grand amateur de BD, mais, de temps en temps, je m'y laisse aller.

Un Blake et Mortimer agréable, avec une escapade dans la campagne italienne en Ferrari 250 Testarossa !

Les naufrageurs

Le naufrage de l'école est le pire de tous, car il coupe le fil de la transmission, de manière irréversible.

C'est d'ailleurs le but poursuivi par les criminels de bureau qui sont à l'oeuvre. Ce que vous et moi considérons comme une horrible catastrophe, eux le voient comme une réussite. C'est pourquoi ils continuent imperturbablement.

PISA, RSI : les élites françaises et leur culture du déni

Les naufrageurs de l'Ecole pérorent encore

mardi, décembre 06, 2016

Sully

Il n’y a pas à dire, Clint Eastwood est bon.

Ce film sur le « miracle de l’Hudson » aurait pu être chiant, il en a fait un film concentré, sans digression, sur un type qui fait son boulot à la perfection.

Quant à l’accident lui-même, le rapport d’enquête dit « excellent Crew Ressources Management » (1). Ce n’est pas tous les jours qu’on trouve le mot « excellent » dans une rapport d’enquête sur un accident aérien. Les passagers ont eu beaucoup de chance dans leur malheur.




Nota : certains critiques de cinéma français analysent ce film en insistant sur le fait qu'Eastwood a soutenu Trump, crime impardonnable, et regardent le film à cette lumière. On voit bien que tous ces gens sont passionnés par le cinéma. On est quand même vachement cerné par les cons, mais vous le saviez.

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(1) : Crew Ressources Management, CRM : tout ce qui a trait aux relations dans le cockpit en cas d'accident. Répartition des tâches, annonces, contrôles croisés, etc.

Prenons deux exemples pour comprendre. AF447 et Cactus 1549 :

AF447 : les deux pilotes touchent aux commandes en même temps, le commandant de bord arrive dans le cockpit et ajoute à la confusion, pas de diagnostic clair.

Cactus 1549 : annonce que le CdB prend les commandes, le copilote ne touche plus les commandes et gère les systèmes, applique la procédure de redémarrage des moteurs, annonces claires. Décision prise très tôt (environ à la 40ème seconde) de finir dans l'Hudson mais essaie de garder une autre option (Teterboro) ouverte. On pouvait difficilement faire mieux.

Flight 1549 FAA New York TRACON

dimanche, décembre 04, 2016

Those angry days (L. Olson)

L'auteur est une gauchiste, d'où il résulte certaines réflexions mal venues. C'est dommage car ce livre est passionnant.

Il traite des années 1938-1941 où se combattent aux Etats-Unis l'isolationnisme, avec Charles Lindbergh comme figure de proue, et l'interventionnisme, porté discrètement pas le président Roosevelt.

Ceux qui ont connu ces « jours de colère » disent qu'il n'y en eut jamais de tels, la tension dans le pays était maximale, les querelles autour de la guerre du Vietnam n'étaient pas aussi intenses.

Cette tension fut oubliée après Pearl Harbour, effacée comme si la question de l'isolationnisme avait été anecdotique. C'est l'intérêt de cet ouvrage de la rappeler.

Linbergh avait une personnalité polarisante : hyper-sensible pour tout ce qui le concernait, totalement insensible pour tout ce qui concernait les autres, politiquement naïf, voire idiot. On l'aimait ou on le détestait. Un membre de sa belle-famille qui ne l'aimait guère dit de lui : « Sans le Vol de l'Aigle Solitaire, il aurait fini pompiste dans une station-service ». Oui, mais il y a eu ce fameux vol.

Franklin Delano Roosevelt avait une personnalité aussi polémique. Charmeur, il était manipulateur au point de susciter la haine.

Le plus passionnant dans cette étude est l'effet du temps et des événements extérieurs  : l'opinion américaine se tourne vers le bellicisme à mesure que la menace grandit d'une hégémonie nazie en Europe mais il semble y avoir une latence, un écart de six mois environ. C'est assez curieux, mais pas contradictoire avec ce que l'on sait sur la formation des opinions.

samedi, décembre 03, 2016

Une synthèse de la pensée zemmourienne






                                                                                                                                                                   

Sur les chemins noirs (S. Tesson)

Après une chute d'ivrogne qui l'a bien amoché, Sylvain Tesson choisit comme rééducation de traverser à pied la France du Mercantour au nez de Jobourg, en passant par les chemins noirs, ces chemins ignorés de la modernité. Son but est de toucher le moins de goudron possible.

Il passe par cette « hyper-ruralité » que nos technocrates se sont donné la mission sacrée d'éradiquer et qui pour Tesson est le paradis.

La philosophie de Tesson est simple. Napoléon disait : « Il y a deux sortes d'hommes : ceux qui commandent et ceux qui obéissent ». Tesson précise : « Pas assez veule pour être soumis, pas assez narcissique pour être révolutionnaire, je fuis. Je ne commande ni n'obéit ; ce qui est encore une manière de commander sa propre vie ». Et il ajoute : « Pourquoi aller au Kamchatka quand on a l'Indre-et Loire ? ».

Il fait même l'éloge de Jean-Henri Fabre, le naturaliste enfermé dans son jardin-monde.

Vous imaginez bien que tout cela m'agrée.

Comme Tesson, je suis horrifié par ce monde d'esclaves que nous fabrique la société des écrans.

Mais il y a moins de souffle que ses meilleurs livres, Tesson est encore en convalescence.






jeudi, décembre 01, 2016

Et pendant ce temps, à l'école ...


Éric Zemmour : "Le niveau de nos élèves ne... par rtl-fr

Liberté des Anciens, liberté des Modernes

Pendant qu'Eric Zemmour stagne un peu (« Conservateur et libéral, la grande tension »), Vincent Coussedière est plus original dans son analyse du vote Fillon :

François Fillon, un vote bourgeois, vraiment ?

Cette analyse rejoint celle de Christophe Guilluy et de Patrick Buisson : ce sont les Français de France qui finiront par demander le démantèlement de l'Etat-providence car il profite trop au Grand Remplacement.

Et si vous vouliez avoir des raisons de vous méfier de l'Etat :

David Thomson: « Les djihadistes qui reviennent ne sont pas repentis »


dimanche, novembre 27, 2016

Français, aidez moi !

« Français, aidez moi ! ». L'appel au peuple du souverain en détresse n'est pas une invention de Charles De Gaulle. Il resurgit de loin en loin dans notre histoire depuis Bouvines.

Je vous ai déjà parlé de la fameuse lettre du 12 juin 1709 lue dans toutes les paroisses de France où le roi expose ses raisons et lance un véritable appel au secours. (« Mais quoique ma tendresse pour mes peuples ne soit pas moins vive que celle que j’ai pour mes propres enfants ; quoique je partage tous les maux que la guerre fait souffrir à des sujets aussi fidèles, et que j’aie fait voir à toute l’Europe que je désirais sincèrement de les faire jouir de la paix, je suis persuadé qu’ils s’opposeraient eux-mêmes à la recevoir à des conditions également contraires à la justice et à l’honneur du nom français. »).

Ce n'est pas un hasard si Patrick Buisson a fait dire cette phrase, « Français, aidez moi ! », à Nicolas Sarkozy en 2012. Mais ce n'était qu'un artifice de campagne.

Le candidat qui la prononcera sincèrement fera banco. Car elle signifie à la fois « Le peuple français est le responsable ultime du destin de la France. En lui réside la puissance nationale. » et « Il n'y a pas la France d'en haut qui sait et qui méprise la France d'en bas, il y a des Français tous dans le même bateau ».

Et je ne crois pas qu'aucun des candidats à la présidentielle soit cet homme. Il leur manque à tous le caractère de l'homme d'Etat et l'intelligence de l'histoire, et plus que tout, la confiance en la France.


samedi, novembre 26, 2016

Notre problème allemand

J'aime tellement l'Allemagne que je préfère qu'il y en ait deux.

Pendant des siècles, les rois de France ont eu le souci d'éviter l'unification des Allemagnes. Peut-être que le legs le plus durable, et le plus néfaste, de Napoléon, est d'avoir mis fin malgré lui à cette saine politique.

Après deux siècles de lutte acharnée, la France, l'Angleterre et la Russie se retrouvent face à cette Europe allemande qu'elles voulaient à tout prix (trente millions de morts, n'est-ce pas un prix assez élevé ?) éviter.

La démographie ne suffira pas à y mettre fin, car il n'y a pas assez de différences de qualité (je ne vous fais pas un dessin).

L'Euro est l'instrument de cette hégémonie allemande. En plus de toutes les bonnes raisons économiques de quitter l'Euro,  il y a donc celle-ci : faire éclater l'Europe allemande, pour le bien de toute l'Europe, et de la France en particulier.


Le scandale des primaires

Une fois de plus à rebours du tintamarre médiatique, je continue à trouver les primaires scandaleuses.

C'est une idée absurde, contraire à l'esprit de la constitution.

Malgré les apparences, elles accentuent le règne des partis et des médias.

En effet, les seuls légitimes à présélectionner un candidat sont les adhérents d'un parti politique à jour de cotisation. Et s'il y a dix partis qui choisissent dix candidats, c'est la vie et tant mieux.

Mais cette façon qu'ont les partis de s'organiser avec l'aide des médias pour faire leur petite cuisine et restreindre artificiellement le nombre de candidats est insupportable. Et peu importe le maquillage pseudo-démocratique qu'on y met (rappelons que le « grand succès » des primaires à droite concerne 10 % du corps électoral).

Les primaires témoignent donc d'une nouvelle dégradation de la vie politique française. Ce point est bien plus important sur le long terme que de savoir qui va gouverner pour les cinq prochaines années. C'est pourquoi tout candidat, de droite ou de gauche, qui refuse les primaires s'honore et tout candidat qui les accepte se déshonore.

Si Bayrou, que je déteste presque autant que Juppé, déclarait ne pas se sentir lié par les primaires et se présentait, il remonterait dans mon estime.

De plus, à cette opposition de principe, s'ajoute le ridicule des modalités : qu'un électeur de gauche puisse voter à une primaire de droite, ou vice-versa, finit de délégitimer ce funeste coup tordu.

jeudi, novembre 24, 2016

Fillon : encore cinq ans de perdus, sauf si …

Pour l'instant, François Fillon est l'élu des bourgeois non-bohèmes et non-fonctionnaires (Fillon-Le Pen: la lutte des classes et Quelle classe sociale porte la révolution libérale conservatrice en France ?).

Ce n'est pas déshonorant mais c'est un peu court pour fonder une politique nationale de sursaut.



Primaire de la droite : "Fillon et Juppé, deux... par rtl-fr

Si François Fillon était élu président de la république, il est probable que nous perdrions encore cinq ans.

En effet, comme l’expliquent bien des gens venus d’horizons très différents, comme Charles Gave et Jacques Sapir, la sortie de l’Euro (et de l’UE, qui va avec) est la clé de tout.

Dans l’Euro, rien n’est possible (y compris les réformes souhaitables, car elles sont trop douloureuses à faire passer sans dévaluation et avec la même monnaie que l’Allemagne. En 1958 De Gaulle, en 1978 Thatcher, en 1990 la Suède ont dévalué en même temps qu’ils réformaient). Hors de l’Euro, tout redevient possible (y compris les conneries). C’est aussi simple que cela.

Or, François Fillon regrette d’avoir voté contre le traité de Maastricht.

Je pourrais comprendre certaines motivations de Fillon en faveur du statu quo monétaire, qui ne sont pas toutes mesquines : sortir de la monnaie unique est autrement plus douloureux et plus difficile que de ne pas y entrer. Mais ce n'est pas ce qu'il dit. Il dit qu'il a eu tort de penser que l'Euro était mauvais.

 Regret absurde puisque la situation aujourd’hui donne raison à ce vote et au superbe discours de son mentor Séguin.

Il faut savoir solder les erreurs, quoi qu’il en coute, cela vaut mieux que de trainer une maladie de langueur. On imagine que Clemenceau ou De Gaulle auraient su trancher dans le vif de l'Euro en faisant miroiter l’espoir à terme d’un sursaut national. On n’a pas l’impression que Fillon soit de cette trempe. Sur l'essentiel, il semble aussi pusillanime que les autres.

Mais, si l’on a compris une chose de Fillon, c’est qu’il est dissimulateur et patient. Alors, peut-être pourrions nous avoir une bonne surprise.



mardi, novembre 22, 2016

Fillon : vers un nouveau plantage grandiose des medias ?

La thèse en vogue dans les medias, c'est que Fillon est la droite « dure », « thatcherienne » et que, ce faisant, il favorise la mobilisation de la gauche et le dégonflement du FN.

Mais, comme d'habitude, les medias sont une boussole qui indique le sud. Si Fillon est dur, moi je suis un croisement de Gengis Khan et d'Attila.

La vraie menace pour Fillon est au contraire de se « juppéiser ».

J'en rigole déjà.

Bon. N'empêche, sur ce coup, je suis assez content de moi : après m'être trompé sur les votes Brexit et Trump, je n'ai pas osé afficher de prédictions sur les primaires de la fausse droite, mais je sentais bien, tirant les leçons du Brexit et de Trump, que le candidat des médias, le maréchal Juppé allait en chier.


lundi, novembre 21, 2016

Méfions-nous des François

Desproges disait que les François sont tous des cons. François Mitterrand, François Hollande et, maintenant, François Fillon ?

Le principal mérite de Fillon est de n'être ni Juppé ni Sarkozy. A part ça, il n'a aucun intérêt.

Sur les trois sujets majeurs :

1) Grand Remplacement.

2) Sortie de l'Euro.

3) Collectivisme et oppression sociale.

il n'apporte pas le début de commencement d'une amorce de rupture. Juste des ajustements technocratiques comme on en fait depuis trente ans, avec le succès que vous savez.

Bref, aucun intérêt.