mardi, octobre 17, 2017

#Dénonce ton juif#Dénonce ton porc

Bienvenue dans un monde où la délation s'appelle « libération de la parole » et est chaudement recommandée et acclamée par tous les médias. Mais, à part ça, les Français délateurs des années 40 étaient des salauds dont nous devons avoir honte et nous leur sommes infiniment supérieurs.

Cette histoire est doublement hypocrite :

♘ : non, les femmes occidentales ne sont pas des pauvres victimes sans défense. Elles savent se défendre. Cette victimisation absurde est un instrument de prise du pouvoir par des lobbies. Les vrais victimes des hommes sont souvent plus colorées, mais de celles-là ne passent pas à la télé ou sur Twitter.

♘ : non, les hommes blancs ne sont pas particulièrement sexistes, bien au contraire. S'il y a une culture qui respecte les femmes, c'est la nôtre. Non, les vrais sexistes sont souvent adeptes d'une certaines religion qu'il ne faut pas critiquer sous peine d'être traité d'islamophobe.


Comme le dit Yves Daoudal :

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En réalité, cette hystérie de dénonciation des « harceleurs sexuels » n’est rien d’autre qu’un enfumage (mais celles qui tombent dans le panneau seraient tout étonnées si elles s’en rendaient compte), au moment où le gouvernement et le Parlement concoctent une loi contre le « harcèlement de rue ». Sans jamais le dire, les promoteurs de cette loi savent pertinemment que la quasi totalité des coupables ne sont pas des Français de souche (et que c’est l’immigration qui a fait surgir le phénomène, de façon encore plus criante depuis la vague des « réfugiés »). Ce qu’il faut à tout prix cacher, autant que possible. D’où cette campagne de stigmatisation à destination exclusive de ces immondes gros porcs de Français de souche qui sont légion …
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On saluera au passage le courage exemplaire de Bruno Lemaire qui fanfaronne le matin qu'il n'est pas un  délateur et fait carpette l'après-midi même. C'est clair qu'avec des politiciens aussi couillus, l'avenir du pays est radieux.

Comme souvent, les excès de puritanisme anglo-saxon sont corrigés par la liberté de parole anglo-saxonne :

Jennifer Lawrence claims she was forced to take part in a 'naked line up' by film producers

I've had enough of MeToo 'hashtag feminism' and its intellectual laziness

Merci à Eric Zemmour pour le titre de ce billet :




lundi, octobre 16, 2017

Hiiiiii ! Haaaarcèlement ! (3)

Un dernier mot à propos de l'affaire Weinstein : on peut voir (une fois de plus, pour ceux qui ont le sens de l'observation) la convergence entre puritains et musulmans.

Les uns et les autres voient l'homme comme un porc incapable de surmonter ses pulsions. Les uns en tirent la conclusion qu'il faut enfermer les homes et les autres qu'il faut enfermer les femmes.

A l'inverse, le catholicisme et l'orthodoxie sont des ennemis de l'islam et vice-versa. Ils ont une vision opposée de l'homme et de sa liberté. Aux naïfs et aux imbéciles (ou pire) qui voient des convergences illusoires entre islam et catholicisme, je conseille la lecture de Chesterton et de Belloc.

dimanche, octobre 15, 2017

L'oppression par les formulaires et les avertissements

Comme d'habitude, c'est finement observé :

Perfecting Fear in Bureaucratic Society

A relier avec son histoire de chauffeurs de taxi africains qui retournent dans leur pays parce qu'on y est plus libre qu'en France.


En lisant Antipresse

Un journal suisse tenu par un Serbe ne peut être totalement mauvais. J'ai plaisir à lire Antipresse. Quelques extraits du dernier numéro :




L’affluence contre l’influence

L’internet est le terrain d’exercice favori, pour ne pas dire unique, des « médias alternatifs ». Ces plateformes touchent quelquefois des audiences très vastes, qui se comptent en millions. Mais la question se pose de plus en plus: qu’est-ce que ça change? L’affluence est-elle une preuve d’influence?
Si l’opposition virtuelle dérangeait réellement, il y a longtemps qu’elle serait bloquée. Les «alternatifs» utilisent des services d’hébergement et des solutions techniques fournis par le système même qu’ils combattent. Ils ont recours pour leur diffusion aux réseaux sociaux institués (Facebook et Tweeter) et dépendent de leur visibilité dans les moteurs de recherche qu’ils accusent eux-mêmes de triche. Sans parler du langage et du mode de pensée, qui se simplifient parfois de manière mimétique jusqu’à donner ce qu’Ingrid Riocreux appelle — chez les journalistes du «mainstream» — une «pensée-émoticône». On s’accommode de la forme brève et de la riposte circonstantielle là où il serait vital de prendre du recul. On mesure son impact en termes de «clics» et de «likes», sans même vérifier si ces suffrages sont le fait d’humains ou de robots. Lorsqu’on emprunte les armes de l’adversaire, l’adversaire a déjà la partie à moitié gagnée.
De notre côté, nous nous sommes toujours adossés à ce qui distingue, précisément, la civilisation de l’indifférenciation technologique qui nous guette: la langue, les livres, la culture et le cœur. Et par-dessus tout, le courage de dire. Le courage, cette vertu qui, comme l’observait C. S. Lewis, est l’aune à laquelle on mesure toutes les autres vertus.
Pour notre diffusion, il aura bien fallu compter sur les mécanismes de l’internet, mais nous nous sommes surtout fiés au bon vieux bouche à oreille. Nous n’avons jamais cherché l’affluence ni valorisé notre travail en chiffres de visites ou d’abonnements. En revanche, nous avons essayé (et parfois réussi) à façonner une influence en proposant des vues affirmées mais pas forcément partisanes, des éclairages décentrés par rapport aux réflexes communs de l’information et des arguments fondés sur un bon sens éprouvé plutôt que sur des positions préétablies et donc prévisibles.
C’est ainsi que, dernièrement, la question de la formation des imams à l’université de Genève est devenue un sujet de discussion à grande échelle, en Suisse romande, après que l’Antipresse eut soulevé des questions de fond («S oumission à la genevoise », n° 92). Des débats s’en sont suivis à la radio comme à la télévision de service public.
L’Antipresse ne parle pas fort, mais elle est écoutée.





LA FIN DE LA PRESCRIPTION

45 ans après les faits, en tout cas ceux qu’elle allègue, une femme vient de déposer plainte contre le cinéaste Roman Polanski: une plainte pour viol. Elle l’a fait en Suisse, mais c’est le New York Times qui a publié l’information. Les juges suisses ont dit qu’ils allaient ouvrir une enquête.
 [...]
Dans un entretien au Figaro paru en début d’année, l’avocat de Polanski, Me Hervé Temime, disait à propos de son client: « J’affirme qu’aucun homme au monde ne fait l’objet d’un mandat d’arrêt quarante ans après les faits dans une situation comparable ». Mais justement Polanski en fait l’objet ! Or, on vient de le dire, une nouvelle plainte vient d’être déposée contre lui: cette fois-ci non plus quarante ans, mais bien quarante-cinq ans après les faits. A une autre époque, on aurait dit que les faits étaient prescrits. Mais ce n’est plus si sûr aujourd’hui. Tout cela est devenu très flou. La police suisse, en tout cas, a enregistré la plainte.
Ce qui incite à la réflexion. En France, la justice vient de réactiver une très ancienne affaire, l’affaire Grégory: affaire remontant, elle, à 32 ans en arrière. A l’époque, l’enquête n’avait débouché sur rien. Et donc, aujourd’hui, on la relance. Un certain nombre de personnes ont été placées en garde à vue. On les cuisine sur leur emploi du temps en ces années-là: que faisiez-vous tel jour, à telle heure, à tel endroit ? Et le lendemain ? 32 ans après les faits. Tout cela semble absurde, et d’une certaine manière l’est: c’est absurde. On pense au Procès de Kafka. Et en même temps non, car tout cela est répercuté dans les médias. Et donc les gens se disent : l’État a le bras long, il fait ce qu’il lui plaît. C’est évidemment ça, le message. L’État peut tout se permettre, il n’y a plus aucune limite. Voudrait-on intimider les gens, pour ne pas dire les terroriser, on ne s’y prendrait pas autrement.




LA POIRE D’ANGOISSE par Slobodan Despot

Les mots qu’on ne prononce pas: ÉGORGÉ

Les deux jeunes femmes de Marseille ont été, nous dit la télé, «tuées à l’arme blanche». Cela fait plus propre, plus clinique que de dire «égorgées». Pudeur spontanée des médias audiovisuels? Peut-être. L’Observatoire du journalisme a un autre avis, fondé sur des indiscrétions d’«insiders».
Cela date de l’an dernier déjà, lorsque le père Hamel fut égorgé par des islamistes dans sa propre église:
«Selon nos informations, l’expression « tué à l’arme blanche » a en effet été imposée formellement aux journalistes de France 2 comme de France 3 (une « décision de la chaîne venant d’en haut » et transmise par consigne orale). La consigne était impérative : ne pas employer le terme « égorgé » mais « tué à l’arme blanche ». […] Peu après l’assassinat, le syndicat FO a ainsi saisi la commission de suivi déontologique des journalistes sur cette censure parmi d’autres affaires. Cette commission s’est réunie le 21 septembre. Réponse de la direction : « nous ne sommes pas au courant, il s’agit d’un excès de zèle. ». Excès de zèle : le mot est lâché et il est significatif. Un rédacteur en chef (ou plusieurs) décide de ce qui est bon ou mauvais pour le téléspectateur infantilisé.»

















Hiiiiii ! Haaaarcèlement ! (2)

Je m'aperçois que j'ai oublié la conclusion du billet précédent.

Pourquoi cette hystérie, que tout observateur ayant du sang-froid trouvera ridicule, autour de l'affaire Weinstein ?

C'est simple : pour, à travers ce cas excessif, condamner la sexualité masculine (on mesurera le biais anti-masculin en considérant le cas de Mme Macron : un homme dans sa position aurait été accusé sans hésitation de pédophilie et non pas encensé). Et pourquoi condamner la sexualité masculine ? Pour transformer l'homme en fournisseur de sperme quand ces dames ont envie de se reproduire, et rien d'autre. Surtout pas des pères, surtout pas des maris, surtout pas des amants.

Quand on voit le nombre divorces demandés par les femmes qui obtiennent ensuite la garde des enfants, nous sommes déjà très près de ce schéma.

Pourquoi vouloir réduire les hommes à des fournisseurs de sperme ? Pour certaines femmes, afin de prendre le pouvoir parce qu'elles n'aiment pas les hommes (l'influence médiatique des lesbiennes est hors de proportion avec leur nombre).

Mais il y a des raisons plus cyniques : les femmes se foutent de la politique et ne sont pas révolutionnaires. Dans une société féminisée, ceux qui ont le pouvoir sont sûrs de le garder. Les femmes sont des consommatrices compulsives. Dans une société féminisée, ceux qui ont des trucs à vendre sont sûrs d'être en haut de la pyramide.

C'est déjà ce que nous vivons, mais ceux qui tiennent le manche veulent verrouiller leur position. On n'est jamais trop prudent.

Youssef et la croix



Dans le billet précédent, je parle de courage individuel.

Nous avons là un bel exemple de manque de courage. Mais n'accablons pas trop cet instituteur veule et niais : s'il avait eu une autre réaction, aurait-il été soutenu par sa hiérarchie ? Non. Aurait-il été soutenu par ses collègues ? Non.

C'est difficile d'avoir du courage tout seul.

Le dilemme d'Achille

Peter Hitchens s'offusque que la consigne de la police britannique en cas d'attentat soit Run ! Hide ! Tell ! (courir, se cacher, prévenir) :

'Run! Hide! Tell!' Try saying that to Churchill and Nelson

Peter Hitchens insiste sur le potentiel de panique et d'affolement quand les autorités donnent pour consigne de courir en cas de problème, y voyant une trahison du flegme britannique. Mais on peut aller plus loin.

Ce sont des consignes de bons sens pour tout individu pris dans un attentat qui veut sauver sa vie. Mais le but de la vie est-il de sauver sa vie et est-ce à la police de donner des consignes purement égoïstes, sans tenir compte de l'effet collectif ?

Quand une abeille vous pique, elle meurt. Mais elle sauve la ruche. Il est nécessaire que des abeilles meurent pour sauver les abeilles. Saint-Exupéry, qui s'est porté volontaire pour aller à la guerre et en est mort, se posait la question. Voyez comme il y a répondu.

Ce dilemme est aussi vieux que la liberté individuelle et la citoyenneté. C'est le dilemme d'Achille. Les dieux lui donnent le choix entre une vie longue et ennuyeuse et une vie courte et héroïque (l'héroïsme consistant, bien entendu, à mourir au combat pour sa patrie).

Ca serait donc pour les autorités un minimum de laisser ce choix, de conseiller non pas de courir mais de garder son calme. Ensuite à chacun de prendre sa décision, les uns courront, les autres essaieront de résister, peut-être vainement, mais, au moins, les autorités ne connaîtront pas le déshonneur d'avoir encouragé la lâcheté.

Mais il est vrai que les autorités occidentales sont de plus en plus gênées par les citoyens libres et responsables, elles préfèrent les lapins.





Blade runner 2049

Une esthétique très réussie mais, par la force des choses, moins surprenante que dans le premier épisode.

La réalisation est très molle. Surtout, le scénario est nul : au bout de la première heure, on a deviné la fin à quelques détails près et l'heure quarante qui suit est très longue. Notamment, les personnages manquent d'ambiguïté (alors que c'était un des charmes du premier Blade Runner) et de finesse.

Quand il n'y a ni réalisation, ni scénario, ni personnages, que reste-il ? Pas grand'chose. Espérons qu'il n'y aura pas de Blade Runner 3.




samedi, octobre 14, 2017

La nostalgie de l'honneur (JR Van Der Plaetsen)

Jean-René Ven Der Plaetsen est fasciné par son grand-père, le général Crépin, de la génération d'acier, celle où l'on pouvait être Compagnon de la Libération et prix Nobel de médecine (François Jacob).

Crépin fut de toutes les batailles de la 2ème DB puis un des pères de la bombe atomique française, avant de finir sa carrière président d'Euromissiles.

On voit aussi la mise au placard des gaullistes par les planqués qui n'ont jamais pardonné à ces aventuriers d'avoir des qualités dont ils étaient dépourvus.

Mais De Gaulle est revenu et Crépin a reparu.

Pourquoi ne fabrique-t-on plus de tels hommes ? Pourquoi nos dirigeants paraissent-ils tous marqués du sceau d'une irrépressible médiocrité (1) ? Pour une raison d'une simplicité choquante : parce qu'il leur manque complètement les trois vertus théologales, foi, espérance et charité. Notamment, il leur manque la foi en la France.

Et, aujourd'hui, il commence aussi à leur manquer la culture et l'intelligence. Après la décadence morale, la décadence intellectuelle.

Quand j'entends des gens qui se demande si la droite française va se relever, je suis tenté de répondre : « Non, les politiciens de droite n'ont ni assez d'intelligence, ni assez de caractère (2) ».

Et ils n'ont aucun honneur.

Van der Plaetsen : « Notre civilisation est fondée sur l'humilité et sur l'honneur »

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(1) : comme l'a dit Emmanuel Todd (avec qui je suis pour une fois d'accord), Emmanuel Macron, dont la presse tresse les lauriers, n'est qu'un petit inspecteur des finances.

(2) : les diplômes de Laurent Wauquiez ne font rien à l'affaire, ils ne sont pas des brevets d'intelligence et encore moins de caractère (c'est plutôt le contraire : le bon élève, c'est le fayot qui sait plaire aux profs).


Hiiiiii ! Haaaarcèlement !

Je trouve savoureux ce billet d'Yves Daoudal :
























I














Notre monde porte les saltimbanques au pinacle : on a les admirations qu'on peut. Ca ne me fait ni chaud ni froid.

Je n'ai jamais cru que les acteurs étaient des références intellectuelles et des modèles de comportement, je les trouve plus bêtes et plus vicieux que la moyenne (voir dans cette video le passage de Zemmour sur Omar Sy). Alors, leurs avis sur la marche du monde, leurs émotions, leurs indignations ... Je m'en tamponne (pour rester correct).

Qu'il y ait eu toujours des femmes attirés par le pouvoir et par l'argent et qui savaient utiliser leurs charmes pour parvenir à leurs fins, rien de nouveau sous le soleil. Sauf que maintenant, on s'indigne avec force exposition de vertu et de belles âmes qu'il existe des hommes de l'autre coté de ce marché sexe contre argent, pouvoir, célébrité ... mais seulement après avoir utilisé leur argent et leur pouvoir pendant des années.

Comme Anne Sinclair qui divorce de DSK, mais seulement après avoir perdu l'espoir de devenir « Mme la présidente ».












Y








Tout cela est bien hypocrite, dans le crime comme dans la dénonciation du crime. Si on ne peut pas coucher avec les actrices, à quoi bon être producteur de cinéma ? Le clou du spectacle, désormais un grand classique : le divorce instantané par communiqué de l'épouse choquée (dans ces milieux, le mariage, c'est plus pour le meilleur que pour le pire).



Bien entendu, dans la réalité, aucune femme n'est forcée de se comporter comme une salope hollywoodienne ou télévisuelle. Celles qui veulent dire « non » savent parfaitement le faire et même avec humour. Dire « non » a parfois un prix, mais c'est la vie, l'assumer, c'est être adulte et avoir de l'honneur et de la vertu (notions désuettes, j'en conviens).

C'est affaire de personnalité. On n'imagine mal Audrey Hepburn couchant pour avoir un rôle. Et on n'imagine mal qu'il y ait une seule Audrey Hepburn à Hollywood aujourd'hui. Les actrices ont longtemps été considérées comme des cousines des prostituées, ce n'est pas forcément sans raison.

Ces histoires de harcèlement ne tiennent pas la route. J'ai pour ma part bien du mal à considérer les femmes plus bêtes que les hommes, mais des fois, je me demande :

♘ elles se plaignent qu'il n'y a plus d'hommes (sous-entendu, blancs). Je l'ai entendu (d'où d'ailleurs, l'attirance de certaines pour les hommes de couleur).

♘ mais dès qu'un homme blanc tente une approche, il prend désormais le risque d'être accusé de harcèlement (car, contrairement à ce que croient les abrutis, les relations hommes-femmes ne sont pas contractuelles, elles sont faites de signaux pas toujours clairs -cela faisait parti du jeu, au temps où on n'était pas encore complètement cinglé. Il y a donc nécessairement une prise de risque. Si le risque devient trop important (perdre son boulot), on ne le prend plus ... et les femmes se désolent que les hommes ne s'intéressent plus à elles).

Bah, il restera toujours les réseaux sociaux (antiphrase : rien de plus asocial qu'un réseau « social »).

Si harcèlement il y a, ce n'est pas chez les actrices et chez les bobos qu'on entend brailler, mais dans d'autres secteurs de la société et, là, on n'entend personne.

Catalogne : une tragédie de grande portée

Catalogne : une tragédie de grande portée

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Non, le projet indépendantiste est un projet négatif. Il vise à construire un « Nous»  contre un « Eux » en coupant la société catalane de ses attaches hispaniques, à l'image de ce que fit l'Algérie tranchant ses adhérences culturelles et linguistiques avec la France après l'indépendance. Il ne s'agit pas de promouvoir le catalan (c'est déjà fait depuis longtemps), mais de réduire au silence la langue castillane, aujourd'hui déjà harcelée jusque dans les devantures des commerces. Il ne s'agit pas d'encourager l'expression des traditions locales (elles n'en ont pas besoin), mais de proscrire les us et coutumes hispaniques (les corridas, le flamenco), réputées étrangères au génie catalan, voire à son génome. Il faut faire le tri dans la mémoire collective en en chassant l'héritage espagnol, assimilé à l'arriération et au franquisme.
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Rappelons que ces conneries catalanes sont possibles parce que, comme De Gaulle en son temps, le pouvoir espagnol a abandonné le système éducatif aux doctrinaires gauchistes.

Maintenant, que va-t-il en sortir pour un Français qui n'en a rien à foutre de la Catalogne et des petites ambitions des petits indépendantistes ?

Je ne sais pas. Le plus clair à mes yeux est que l'indépendance de la Catalogne ferait sauter peut-être l'Euro et c'est bien.




jeudi, octobre 12, 2017

Le puits sans fond (le retour de la vengeance)

Foin de modestie, je suis très très content de moi.

En 2005, j'avais fait la recension d'un livre, The bottomless well (je m'étais cassé le cul à écrire un billet bien plus long que d'habitude parce que je sentais que c'était important), qui m'avait enthousiasmé.

Il disait que, contrairement à la théorie du peak oil de ces imbéciles d'écolos (leur cause est juste, mais il se trouve que tous les écolos que je connais sont des cons de gros calibre), alliés objectifs des gros producteurs de pétrole :

1) Nous n'allions pas manquer de pétrole mais, que, au contraire, nous allions apprendre à nous en passer et que, loin d'atteindre 500 $ le baril, il finirait par ne plus valoir grand'chose.

C'est exactement ce que raconte cet article de Causeur Ce n’est pas le pétrole qui disparaît, c’est la demande de pétrole ... avec douze ans de retard sur votre serviteur :

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Nous entrons à vitesse grand V dans un monde post-pétrolier. Dans une telle perspective, j’ai parié il y a plus d’un an que le prix du pétrole évoluerait autour de 50 dollars le baril. Jusqu’à maintenant – je touche du bois – je n’ai pas été démenti par les faits.

Ce seuil de 50 dollars est comme par hasard le prix auquel le pétrole de schiste aux Etats-Unis est rentable. Et c’est ce qui sert désormais de prix directeur au marché mondial de l’or noir. C’est une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui ont bâti leur projet sur un baril entre 100 et 150 dollars : géophysiciens, certaines compagnies pétrolières mais aussi pays exportateurs de brut, et notamment l’Etat algérien, obligé de faire des économies budgétaires drastiques et de revoir à la baisse ses prévisions de croissance de manière dramatique.


Le coup de force pétrolier initié en 1973 aura été un « one shot game ». En rompant à cette date le contrat, les pays pétroliers ont remporté la mise une fois – mais une seule fois. Il n’y aura pas de deuxième partie, car le pétrole n’est plus une arme menaçante et aujourd’hui, comme n’importe quel marchand, l’Arabie saoudite ne cherche plus qu’à protéger ses parts de marchés.
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Inutile d'épiloguer sur les conséquences géopolitiques, nous les avons sous les yeux. Et ce n'est pas fini.

2) L'énergie du futur est l'électricité, produite grâce au nucléaire ou au charbon, deux énergies primaires d'avenir. On notera que, depuis, les Allemands sont passés du nucléaire ... au charbon.

Je ne lis pas toujours les bons livres, mais, pour une fois que ça m'arrive, autant en profiter.

Éric Zemmour : « La haine, c'est mal, l'amour, c'est bien »

Éric Zemmour : « La haine, c'est mal, l'amour, c'est bien »

Le problème est en réalité fort simple, même s’il est très politiquement incorrect de le dire.

Les anormaux physiques, les handicapés, sont obligés par la force des choses d’assumer leur anormalité. Les anormaux mentaux, comme les homosexuels, ne présentant aucun signe extérieur d’anormalité, peuvent prétendre qu’ils sont normaux et, pour se conforter dans ce mensonge à eux-mêmes, ils essaient de forcer (hélas, avec un certain succès) la société à changer sa définition de la normalité, de façon à les aider à ne pas assumer leur anormalité. Bref, on pourrit les repères de notre société (sexe, mariage, paternité, maternité, mais aussi autochtone/étranger etc.) pour aider des déviants à pas s’assumer.

Dit autrement : « Je suis le centre du monde. Si la société me considère comme anormal, ce n’est pas à moi de remettre en question, c’est la société qu’il faut changer ». Une fois le sabotage de la société commencé pour satisfaire l’ego de quelques cinglés (Artaud (1), Deleuze (2), Foucault (3), etc.), il est bien difficile de l’arrêter.

Jadis, des abrutis de ce genre finissaient au bucher, en prison ou à l'asile. C'était dommage pour eux mais excellent pour la société et et pour le bien commun, au bénéfice des millions d'hommes qui y vivent et leurs descendants.

Un handicapé qui essaie de surmonter son handicap en pratiquant des activités difficiles est respectable, parce qu'il ne nie pas son handicap. Une homosexuelle qui essaie de faire un enfant sans homme est grotesque.

Il y a donc bien un rapport entre le fait que l’auteur cité par Zemmour soit homosexuel et sa vision irréaliste, grotesque et destructrice de la société. Je me demande ce qu’Oscar Wilde, qui était réaliste au point du cynisme, en aurait pensé.

Zemmour en milieu hostile :



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(1) : malade (syphilis) et drogué toute sa vie, il rêvait d’un corps sans organes.

(2) : qui voulait remplacer la famille par la meute.

(3) : dont l’idéal était les boites sado-maso homosexuelles de Californie.

lundi, octobre 09, 2017

Deux articles positifs : common decency et honneur

Je n'arrive pas à trouver une équivalent français de la common decency. « Décence commune », ça ne veut pas dire grand chose.

Peut-être « vergogne », mais le mot est désuet.

Gérald Andrieu : « Ces Français “qui ne sont rien” m'ont fait du bien à l'âme »

Van der Plaetsen : « Notre civilisation est fondée sur l'humilité et sur l'honneur »





Le suicide des banques françaises

Les banques françaises, en mauvaise santé, s'intéressent aux banques allemandes en encore plus mauvaise santé.

Vous connaissez le mécanisme infernal qui plombe les banques allemandes, le mercantilisme maudit, je vous l'ai déjà expliqué (mais la répétition est la base de la pédagogie) : chaque fois que Mercedes, Porsche ou BMW vendent un panzer à un gros con, ils touchent des Euros qu'ils placent dans une banque allemande. Avec ses Euros, la banque allemande achètent des bons du trésor grec, français ou italien, puisqu'il n'y a presque que plus de dette allemande. Et elle se retrouve plombée de bons du trésor dont elle ne sait pas quoi faire, qui vaudront peut-être un jour zéro, et qui en plus ne rapportent plus rien (merci Mario).

Alors pourquoi les banques françaises se lancent-elles dans cette aventure idiote ?

Parce qu'elles ont déjà fait le coup d'investissements à la con avec les banques italiennes et grecques et qu'elles n'en ont subi aucune conséquence néfaste puisque leur petit cul a été sauvé par les Etats aux dépens des moutontribuables. Plus exactement, les enfoirés de banquiers ex-hauts fonctionnaires ont été sauvés par les enfoirés de hauts fonctionnaires toujours en activité.

Alors c'est la logique du Belge qui met des pièces dans le distributeur de Coca sans s'arrêter : « Tant que je gagne, je joue ».


Laura et Mauranne : Bertrand et Nicolas vont-ils payer ?


Laura et Mauranne seraient encore vivantes si Nicolas Sarkozy, sous l'influence de Bertrand Tavernier, n'avait pas aboli l'expulsion des délinquants et criminels étrangers.

Ils peuvent plaider la fatalité, les circonstances imprévisibles, mais ça ne tient pas : de quelque manière qu'on retourne la question, préférer afficher sa belle âme en faveur d'étrangers plutôt que de se soucier de la sécurité de ses concitoyens est une trahison, une saloperie.

J'espère qu'un jour, toutes les dettes se paieront.

Autant en emporte le vent

Je m’aperçois que je n’ai jamais écrit de critique de ce film.

Dans L'armée des ombres, Ventura et Meurisse sortent d'un cinéma de Londres : « Pour les Français , la guerre sera finie quand ils pourront voir ce film merveilleux ».

Ce n’est pas mon film préféré (bien entendu, pas pour les raisons idiotes qui excitent les bien-pensants).

C’est un film de producteur : l’argent dépensé se voit à l’écran mais il manque la patte artistique d’un réalisateur de talent. La première partie, la guerre civile, est bien. La deuxième partie, la reconstruction et les relations entre Rhett et Scarlett, est assez médiocre, manque de psychologie.

Alors il reste le merveilleux Technicolor.

Mais, dans le genre « film qui en jette », je préfère Lawrence d'Arabie ou Out of Africa. Je vois pourtant ce film du Vieux Sud avec plaisir.



dimanche, octobre 08, 2017

Faute d'amour

Un couple en train de divorcer a un fils de 12 ans. Aucun des parents ne veut s'en occuper, ils ont leur vie à reconstruire, ils ne veulent pas de boulet. Ils décident de le mettre à l'orphelinat, le fils entend la conversation en écoutant aux portes et fugue.

Le film prend prétexte de la recherche du fugueur pour nous dresser un portrait très noir de nos contemporains, qui passent leur temps à se prendre en selfie. Ce film est russe, anti-hollywoodien : pas de héros, ou si peu, pas de morale, pas d'espoir.

Un film poignant, glaçant. Un chef d'oeuvre. Le monde moderne ne sera pas châtié, il est le châtiment : ce film le montre en deux heures.









Et vivent les Etats-nations !

Mon petit coeur de Français saigne que ce débat ait lieu outre-Atlantique, mais c'est le prix à payer d'être une nation vassale : zéro vie intellectuelle.

Edouard Husson dans Atlantico :

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Il aura fallu attendre que les Américains le disent ...

La révolution part du coeur de la forteresse libérale : Dani Rodrik, titulaire d'une chaire dotée par la Fondation Henry Ford et consacrée à l'économie politique internationale, président de la International Economic Association, construit depuis plusieurs années une thèse qui va à l'encontre de la pensée dominante : l'Etat-Nation est indispensable au bon fonctionnement, sur le long terme, de l'économie de marché et de la mondialisation. On trouvera une bonne synthèse de ses analyses dans un article de vulgarisation que l'auteur a publié récemment et intitulé "Pourquoi les Etats-nations sont une bonne chose".

Retenons quelques idées fortes :

1. Le marché ne peut pas se donner à lui-même ses propres règles.

2. l'Etat national est le plus à même de fixer le cadre de l'économie de marché : il a fait ses preuves pour le démarrage des économies industrielles et il reste aujourd'hui un instrument puissant.

3. L'économie mondialisée, en démantelant ou en court-circuitant l'Etat-nation s'est privée d'un moteur profond de la croissance : la compétition entre des systèmes qui ont chacun leur cohérence, héritée de l'histoire, pour accueillir l'investissement, cultiver l'innovation, stimuler le commerce et développer la consommation.

Quelques remarques, tout d'abord, sur notre capacité collective à ne pas entendre le débat d'idées tel qu'il peut se dérouler ailleurs. Dani Rodrik n'en est pas à sa première formulation. Les éditions La Découverte avaient fait paraître à la fin des années 2000 un ouvrage de Dani Rodrik intitulé "Nations et mondialisation", qui avait relativement peu attiré l'attention. Pourtant le livre impliquait une possible réponse à la crise mondiale qui venait de commencer. Si les équipes de Nicolas Sarkozy avaient été un peu curieuses, elles auraient trouvé dans l'ouvrage un moyen élégant de surmonter la contradiction inhérente au sarkozysme : l'impossibilité de rendre la priorité aux intérêts des Français dans le système de l'Union Européenne tel qu'il a évolué depuis le début des années 1990.

Dani Rodrik fait souvent allusion au système de Bretton Woods, comme à un point d'équilibre entre Etats-nations et ouverture mondiale des économies. Ou plutôt, il insiste sur le fait que la mondialisation qui se mettait progressivement en marche à cette époque fonctionnait très bien parce qu'elle s'appuyait sur les Etats-nations. Si l'on applique le raisonnement à l'Europe, cela revient à penser que le Marché Commun était infiniment plus efficace, dans son fonctionnement, que l'Europe de Maastricht. C'est retrouver un constat fait par tous les historiens : la dynamique du capitalisme européen est née de la concurrence entre les Etats-nations qui émergent à partir de la fin du Moyen-Age. Le système de Maastricht est à l'opposé parce qu'il impose à dix-huit pays d'adopter un système monétaire qui est le fruit d'un équilibre très particulier, celui de la société allemande.

Relisons brièvement l'histoire économique et politique des quarante dernières années et nous verrons que d'autres chemins étaient possibles :

- En 1971, Richard Nixon casse le système de Bretton Woods en mettant fin à la convertibilité du dollar en or. Il était probablement impossible de rassembler une coalition d'Etats prêts à ramener Washington à la table de négociation d'un nouveau Bretton Woods. En revanche, il fallait en tirer la conclusion que le contrôle de la monnaie et de la politique de change pour une nation était essentiel dans un monde où les Etats-Unis tendaient à imposer leurs règles monétaires. Or c'est exactement le contraire qu'ont initié Valéry Giscard d'Estaing et Raymond Barre: ils se sont ralliés aux règles monétaires allemandes, les plus opposées à la conception américaine de la monnaie. La RFA a fait le choix, depuis quarante ans, d'une stabilité monétaire absolue (théoriquement) dans un monde de changes flottants ; elle n'a pu se permettre cette incongruité que parce qu'elle n'a pas eu pendant longtemps de salaire minimum ; et puis, surtout, parce que le reste de son environnement européen a accepté de renoncer à la flexibilité monétaire. Ce faisant, l'Europe a perdu une de ses forces : la compétition entre des systèmes à la fois proches et différents, qui tiraient la croissance vers le haut grâce à l'intensification du commerce entre eux.

- Le thatchérisme n'est pas du tout ce que l'on dit. Pour la "Dame de Fer", il n'y avait pas de capitalisme efficace possible en dehors de l'Etat-nation. Peut-être étonnerait-on Dani Rodrik en ressortant certains discours de Margaret Thatcher, dans lesquels celle-ci insiste sur le fait que le marché ne fonctionne pas sans un certain nombre de règles fixées par l'Etat. Le modèle qu'elle avait en tête était celui d'une économie touours plus ouverte, certes mais où les Etats-nations s'entendaient pour réguler les forces du marché. La Dame de Fer voulait avoir le droit chez elle de privatiser autant qu'elle le voulait. Mais elle ne voulait pas forcément imposer son modèle aux autres. Elle réclamait l'établissement de règles simples et d'accords équitables entre nations. En 1990, elle proposa à François Mitterrand que la France et la Grande-Bretagne veillent ensemble à ce que l'absoption par l'Allemagne de l'Ouest de l'ancienne RDA ne crée pas de déséquilibres pour la bonne marche de la Communauté Européenne. Mitterrand, non seulement, ne saisit pas la main tendue mais il bascula du côté allemand, plongeant notre pays dans un inévitable alignement sur des règles que nous n'avions pas choisies. Margaret Thatcher, isolée, fut mise en minorité dans son propre parti, où l'on avait tendance, de plus en plus, à détacher les enjeux du marché de l'Etat-nation. S'amorça une séquence qui vient de se terminer avec le vote du Brexit. On a toutes les raisons de penser que la France, mais aussi l'Europe, seraient aujourd'hui plus prospères si François Mitterrand avait choisi Margaret Thatcher plutôt qu'Helmut Kohl.

- Dani Rodrick a beaucoup travaillé sur la Turquie dans l'économie internationale. Il est évidemment sensible au fait que les pays dits émergents, tirent leur force d'un modèle national au sein duquel le marché peut se déployer. A des degrés différents, en tenant compte de leur histoire et de leur équilibre social, les BRICS et bien d'autres pays sont en train de changer le visage de la mondialisation : ils la rendent polycentrique. Si l'on suit le raisonnement de Rodrick sur les vertus de la compétitions entre les variantes du capitalisme que mettent en place les Etats-nations, le monde devrait être plus prospère dans les décennies qui viennent si l'Occident n'entrave pas l'émergence de sociétés ouvertes en Asie et en Afrique.

Quand on regarde de plus près, en même temps, la Grande-Bretagne, après Margaret Thatcher, a largement gardé un point d'équilibre national : elle n'est pas entré dans l'euro; elle a su rendre à Londres un rôle de capitale financière internationale. Dans ce cadre-là, le Brexit est beaucoup moins dramatique que ce qu'on voudrait nous faire croire : il s'agit largement, pour les Britanniques, de tirer les leçons d'une phase de la mondialisation où la désindustrialisation a atteint un point critique et les inégalités sociales sont devenues insupportables. Les Britanniques n'entendent pas renoncer au commerce mondial, au contraire, mais ils veulent ajuster les règles, retrouver un équilibre social. L'élection de Donald Trump, que cela plaise ou non, envoie un message du même type. Au lieu de nous fixer sur les hésitations de Theresa May ou les outrances de Donald Trump, il nous faudrait prendre conscience qu'un débat en profondeur est lancé dans les sociétés anglophones sur l'absence de contrepoids démocratiques et étatiques suffisants aux marchés tels qu'ils fonctionnent aujourd'hui. C'est dans cet environnement en train de se modifier que des voix comme celles de Dani Rodrick, modérées, raisonnables mais sans concession du point de vue de l'analyse scientifique, peuvent rencontrer une audience croissante.

La France de 2017, celle qui a élu Emmanuel Macron, est obsédée par le "modèle allemand" et seulement superficiellement amie de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Alors qu'il faudrait faire le contraire : nous inspirer largement des débats d'outre-Atlantique et revenir à une Europe des Etats-nations dans laquelle l'Allemagne n'est qu'un pays parmi d'autres.
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Veulerie française et terrorisme musulman : le cri de colère de Maxime Tandonnet

Mauranne et Laura

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Je pense qu’un pays qui au fond s’accommode d’un crime aussi immonde, sa classe dirigeante, son milieu politique et médiatique, tout compris, de l’extrême droite à l’extrême gauche, ses élites intellectuelles, administratives, journalistiques, qui le regardent comme une sorte de fait banalisé, comme le résultat d’une fatalité, et finalement, noyé dans l’indifférence, un pays qui s’habitue sur son sol à un degré de barbarie atteignant le niveau les pires barbaries de l’histoire de l’humanité, le meurtre sanguinaire de deux jeunes filles, est un pays qui est en train de crever.
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L'indépendance catalane, c'est la revanche des gauchistes qui n'ont toujours pas admis avoir perdu la guerre d'Espagne (et c'est pourquoi les merdias en raffolent)

Catalogne : les bons et les mauvais séparatistes. Les médias raffolent du « Brexit » catalan !






samedi, octobre 07, 2017

Les racisés entre eux

Les racisés entre eux

Là, nulle manifestation de la LICRA, nulle pâmoison spectaculaire des spécialistes du chocage.

D'où la confirmation (en avait-on besoin ?), que l'anti-racisme est un masochisme de blancs et une lutte contre les blancs pour les autres (dont, bizarrement, les asiatiques ne font jamais partie).


L'option bénédictine

Article intéressant qui recoupe exactement mes analyses.

Sans compter que la bénédictine, c'est bon.


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FIGAROVOX.- Dans votre livre, vous dites que les chrétiens ont perdu la bataille culturelle et vous plaidez pour une «retraite stratégique». Quand et pourquoi les Chrétiens ont-ils perdu la bataille?
Rod DREHER.- Le récit classique dans la droite religieuse américaine est que c'est arrivé dans les années 1960, avec la révolution sexuelle. Je pense que ça remonte à bien plus loin.


Je crois que le point clé c'est les Lumières, qui nous ont coupé de nos racines chrétiennes.



Dans mon livre, je remonte jusqu'au nominalisme dans le haut Moyen-âge mais je comprends bien que c'est très abstrait. Je crois que le point clé c'est les Lumières, qui nous ont coupé de nos racines chrétiennes.
Ensuite cela s'est aggravé avec société de consommation, les nouvelles technologies, le relativisme.Tout cela fait qu'il est de plus en plus difficile de vivre avec la vérité chrétienne dans le monde. Dans une société de plus en plus individualiste coupée de la tradition, la seule autorité qui apparaisse comme justifiée est le moi. C'est ce que le philosophe Zygmunt Bauman appelle la société liquide. Il n'y a plus de bien commun, ce qui gouverne la politique est désormais l'émotion. C'est ce que le philosophe MacIntyre appelait l'émotivisme, qui règne autant à droite qu'à gauche.
Ne pensez-vous pas que l'évangélisme soit le comble de l'émotivisme individualiste?
Je crois que beaucoup d'évangéliques aux Etats-Unis sont plus catholiques que les catholiques, dans le sens où ils croient davantage à ce que l'Eglise enseigne.
J'ai été catholique avant de me convertir à l'orthodoxie. Je lisais Jean-Paul II et je trouvais cela formidablement nourrissant. Mais en entrant dans l'Eglise je me suis rendu compte que les catholiques américains pratiquaient en réalité


La plupart des églises américaines prêchent le « déisme éthico-thérapeutique », version molle et édulcorée du christianisme.



une forme de protestantisme. La plupart des églises américaines prêchent ce que les sociologues Christian Smith et Melinda Lundquist Denton appellent le «déisme éthico-thérapeutique», une version molle et édulcorée du christianisme qui en gros affirme qu'il faut être gentil et que les bons iront au paradis.
Une version totalement compatible avec le monde moderne et qui rejette la Tradition.
L'Eglise catholique a pourtant toutes les ressources pour résister aux forces de la modernité. Mais elle ne les utilise pas. Richard John Neuhaus, un prêtre célèbre aux Etats-Unis a écrit dans les années 1980 Le moment catholique: les paradoxes de l'église dans le monde postmoderne, où il expliquait qu'enfin les catholiques pouvaient prendre la parole dans l'espace public. Mais ce «moment catholique» n'est jamais arrivé.
Après le concile Vatican II la formation des jeunes catholiques a été complètement délaissée. Lorsqu'on regarde les sondages aujourd'hui, les catholiques américains ne sont pas différents de l'Américain moyen, et même un peu plus libéraux sur les questions sociétales. La plupart d'entre eux ne reconnaissent pas l'autorité de l'église sur ces sujets.
Ne pensez-vous pas que nous chrétiens Européens sommes bien plus avancés que les Etats-Unis dans la déchristianisation? Votre président jure toujours sur la Bible…
Certes les Etats-Unis tiennent la religion en plus haute estime que chez vous en France, mais le sentiment anti-chrétien n'a cessé de progresser.
Je pense que nous chrétiens américains avons beaucoup à apprendre des catholiques français. Vous avez vécu avec une laïcité militante depuis beaucoup plus longtemps. Nous, cela devient un problème aujourd'hui seulement.


Dire qu'on est chrétien dans l'espace public devient disqualifiant. Cela va arriver de plus en plus.



Trump a nommé un catholique fervent à la Cour suprême et la plupart des commentateurs ont dit qu'il ne serait pas un bon juge car il serait biaisé par sa foi. Cela va arriver de plus en plus. Dire qu'on est chrétien dans l'espace public devient disqualifiant.
J'ai été très surpris par le succès de la Manif Pour Tous en France. Aux Etats-Unis, nous avons l'idée que de toute façon l'Europe est fichue, qu'elle est déchristianisée depuis longtemps.
Nous avons une conscience religieuse bien plus forte, mais elle se cantonne à l'espace privé, et elle n'est pas intellectualisée. On ne voit pas les chrétiens manifester pour la famille. Je dirais que l'Amérique est plus religieuse que la France, mais que la France est plus traditionnelle que l'Amérique.
Dans votre livre vous évoquez la figure du philosophe écossais MacIntyre. En quoi vous a-t-il influencé?
C'est en le lisant que j'ai eu l'idée de «L'option bénédictine».
Dans son livre Après la vertu, il évoque l'échec des sociétés post-Lumières à pouvoir fonder une morale uniquement sur la raison. Ce qui aboutit à une morale fragmentaire et à l'incapacité de débattre dans l'espace public parce que nous pensons à partir de paradigmes et de présupposés différents.
Aujourd'hui la conversation entre un chrétien et un non chrétien sur l'avortement est quasiment impossible, par exemple. Il compare notre époque à la chute de l'empire romain. C'est là où il parle de Saint-Benoit, comme celui qui a préservé la Tradition et le monde des vertus pendant le déluge.
Cette expression «option bénédictine» m'est venu alors pour qualifier un mouvement que j'identifiais alors en tant que journaliste, conservateur et chrétien. Je me suis demandé ce que nous pourrions faire nous chrétiens d'aujourd'hui pour ressembler à Saint Benoit. On ne peut plus sauver l'empire. Nous devons tenir et préserver nos traditions et ce que nous tenons pour vrai à l'intérieur de l'effondrement de l'empire.
Le pouvoir du modèle bénédictin, et surtout les valeurs du monachisme peuvent nous inspirer aujourd'hui pour survivre dans le monde moderne: communauté, travail, ascèse, ordre, prière.
Comment mettre en œuvre «l'option bénédictine»?
Cela dépend où on se trouve: cela ne signifie pas la même chose à la ville ou à la campagne, en Europe ou aux


Je crois que le modèle monastique doit inspirer les familles. Il faut aussi limiter les nouvelles technologies, notamment auprès des enfants.



Etats-Unis. Je crois que l'essentiel est la pratique. Il faut créer des communautés, des écoles, des entreprises chrétiennes. Je crois que le modèle monastique doit inspirer les familles. Il faut aussi limiter les nouvelles technologies, notamment auprès des enfants.
Le communautarisme que vous prônez ne va-t-il pas à l'encontre de l'aspect universaliste et missionnaire du christianisme?
Je crois que les chrétiens doivent aller dans le monde. Mais dans un monde postchrétien, hostile au christianisme, je crois qu'il faut avoir une foi solide, appuyée sur une formation intellectuelle. On ne peut pas aller au combat désarmé!
Je crois que nous devons sortir du monde pour mieux nous former, pour ensuite y retourner pour évangéliser. Beaucoup de chrétiens américains veulent garder leurs enfants dans les écoles publiques, parce qu'ils veulent bien faire. Mais ils se rendent compte très rapidement que les enfants, peu formés religieusement et intellectuellement, ne résistent pas à l'esprit du monde. Comment résister lorsqu'on est entourés d'enfants de 9 ans avec des smartphones ayant accès illimité à la pornographie? C'est impossible.
Les chrétiens doivent-ils se retirer de la politique?
L'erreur des conservateurs américains est de croire que l'ennemi, c'est l'élite libérale de la côte est, et qu'il suffit de mettre un président conservateur, des juges conservateurs, pour gagner la bataille culturelle. C'est faux.
La culture ambiante est profondément déchristianisée. La droite religieuse conservatrice ne l'a pas remarqué. Elle a été complaisante envers elle-même envers la dégradation de sa propre foi. Elle croyait que l'ennemi était à l'extérieur: que c'était la gauche, les athées. Nous n'avons pas vu que notre propre manque d'attention à la formation intellectuelle des chrétiens conduirait à notre affaiblissement. Pour moi la foi est une manière de vivre plutôt qu'une façon de penser. On ne peut pas être des chrétiens du dimanche dans un monde postchrétien.
N'y a-t'il pas une contradiction chez les conservateurs américains qui sont obsédés par le combat pro-vie et la famille, mais ultra-libéraux économiquement?
J'ai écrit un livre en 2006 qui s'appelait Crunchy Cons, qui décrivait la contre-culture prônée par certains milieux conservateurs écolos, qui lisent Edmund Burke et portent des Birkenstock, et prônent un retrait de la société de consommation. Beaucoup de conservateurs américains m'ont alors accusé d'être de gauche!


Je pense que l'économie libérale menace ces choses et qu'être esclaves du marché et se foutre de l'environnement n'a rien de chrétien. Je crois à la nécessité de protéger la création.



Je suis un conservateur traditionnel, qui pense qu'il faut préserver la foi, la famille et les traditions. or une version illimitée de l'économie libérale menace ces choses. Etre esclaves du marché et se foutre de l'environnement, cela n'a rien de chrétien! Je crois à la nécessité de protéger la création.
Beaucoup de conservateurs américains comprennent qu'il faille poser des limites à la nature humaine, mais pensent qu'on peut exploiter la nature sans limites! Je ne suis pas un grand fan du pape François, mais je crois qu'il a raison d'écrire dans Laudato Si que «tout est lié»! J'ai quitté moi-même le parti républicain en 2008, à cause du fiasco de la guerre en Irak (que j'avais au début soutenu), et de la crise économique, dont les Républicains n'ont absolument pas pris la mesure.
Le problème c'est que le parti démocrate aussi est acquis à Wall Street au moins depuis l'élection de Bill Clinton en 1992. J'aimerais pouvoir voter pour des démocrates, car je suis plus à gauche économiquement que les Républicains, mais ils sont tellement hostiles à la cause pro-vie, tellement hostiles aux valeurs traditionnelles chrétiennes et à la liberté religieuse, que je ne peux pas.
Trump a séduit une majorité des catholiques (52%) et une écrasante majorité des Evangéliques (91%). N'est-il pas périlleux d'associer les chrétiens à son mandat?


La moindre réflexion sur la famille, la moindre interrogation sur les bienfaits de l'agenda LGBT est criminalisée. L'américain ordinaire en a assez de ce politiquement correct.



La moindre réflexion sur la famille, la moindre interrogation sur les bienfaits de l'agenda LGBT est criminalisée. L'américain ordinaire en a assez de ce politiquement correct, de s'entendre ordonner ce qu'il peut dire ou ne pas dire, penser et ne pas penser. Je crois que le succès de Trump vient de là.
J'ai écrit dans mon livre que Trump n'était pas la solution mais le symptôme d'un déclin culturel. Beaucoup de chrétiens ne savaient pas vraiment ce que pensait Trump au niveau du combat pro-life et de celui pour la liberté religieuse, mais étaient convaincus que Clinton elle, leur serait hostiles. Mais je crois hélas que Trump est une chose terrible pour les chrétiens. Les évangéliques surtout l'ont soutenu sans recul.
C'est un désastre et un pacte avec le diable. Les boucs-émissaires de l'échec de Trump seront les chrétiens.





















vendredi, octobre 06, 2017

Tout est dit en quelques mots

La gauche a assumé l'abandon du peuple, la droite doit assumer celui des élites

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Selon Paul-François Schira, pour survivre, la droite doit abandonner les élites mondialisées pour réconcilier la bourgeoisie de province et les classes populaires. Pour cela, elle doit cesser d'être la gestionnaire de l'idéologie dominante.

« Car il m'est apparu que l'homme était tout semblable à la citadelle. Il renverse les murs pour s'assurer la liberté, mais il n'est plus que forteresse démantelée et ouverte aux étoiles. Alors commence son angoisse qui est de n'être point » (Saint-Exupéry, Citadelle).
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Éric Zemmour : « Les racines religieuses de la gauche et de la droite »

Harouel, dont Zemmour fait la recension, est encore plus tranchant que Schira : la gauche , c'est la philosophie gnostique ; la droite, c'est la philosophie chrétienne. Comme nous vivons dans un monde déchristianisé, il n'y a plus de droite. Même ceux qui se prétendent de droite sont de gauche (c'est flagrant en France).

Il ne peut y avoir de vraie droite qu'à condition qu'elle soit de philosophie chrétienne (pas forcément de croyance chrétienne, mais il y a, évidemment, une relation).

Je le ressens profondément. L'homme, la communauté, le monde, la vie, la mort : je me sens en opposition profonde avec la gauche sur l'essentiel. « Chrétien de gauche » m'a toujours paru un oxymore, une malhonnêteté, un mensonge, un truc de gens pas nets. Les chrétiens de gauche, comme le pape François, sont plus de gauche que chrétiens.


jeudi, octobre 05, 2017

Anne Wiazemsky est morte

Anne Wiazemsky est morte aujourd'hui d'un cancer, à 70 ans.

Socialement et politiquement, elle est tout ce que je déteste. Pourtant, je l'aime bien. Il n'y a pas de vulgarité en elle.

Et puis, qui a vu Au hasard Balthazar comprendra.



Il est facile de comprendre pourquoi les hommes la trouvaient séduisante.





Anne Wiazemsky, une femme debout dans son siècle

Deux articles sur Jupitre (j'aime bien ce surnom donné par de Castelnau)

LE SINISTRE JUPITRE A CHOISI SON CAMP.


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Ce sinistre Jupitre a choisi son camp.

Juste en face du mien.

Cet animal aurait pu être un adversaire. Il lui aurait suffi de faire semblant d’un minimum de loyauté.

Avec un adversaire, on discute, on débat.

Un ennemi, on le combat d’autant plus âprement qu’à la fin, on sait qu’il ne doit en rester qu’un.
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Bordel : ne faites pas semblant de découvrir que Macron est le président des riches !







Quelques articles sur la Catalogne

Ces histoires d’indépendance catalane m’intriguent beaucoup.

Il y a un tas de faits dérangeants.

Les leaders indépendantistes sont presque tous passés par des universités américaines. Le représentant catalan aux Etats-Unis s’appelle Andrew Davis, c’est vachement catalan comme nom ! Et puis la Catalogne s’islamise à la vitesse grand V. Au moins, en Corse, le premier graffiti que j’ai vu est « Arabi fora » et je n’ai pas eu besoin de traducteur pour m’explique que ça ne voulait pas dire « bienvenue aux arabes » mais, au moins, c’est cohérent : quand on veut foutre les Français dehors, on veut aussi foutre les arabes dehors. Pas en Catalogne : être « colonisé » par les Espagnols, c’est l’horreur absolue, mais être colonisé par les Américains et les arables, pas de problème. Ca a de quoi interroger un esprit logique qui considère qu'une porte doit être ouverte ou fermée et une identité défendue ou abandonnée.

Excellent article sur DeDefensa. John Laughland est un ancien diplomate anglais. Il explique très bien que, jusqu'à la catastrophe du Kosovo, la déclaration d'indépendance unilatérale était illégale au regard du droit international (excepté dans les cas d'oppression manifeste).

Un exercice en autodestruction


Une perspective historique :

COMPRENDRE LA QUESTION CATALANE



Pourquoi la Catalogne pourrait bien être le poison lent qui asphyxie l’Europe (et non, on ne parle pas que de "l’exemple" donné à La Flandre ou autre Padanie, loin de là)

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Le referendum a vu le oui l'emporter à 90%. Carles Puigdemont, président de la Catalogne, affirme même que l'indépendance sera proclamée la semaine prochaine. Comment l'Union Européenne doit réagir? Doit-elle respecter l'aspiration démocratique du peuple catalan ou respecter la légalité des structures étatiques en place?

Edouard Husson : Permettez-moi de formuler les choses autrement. La légitimité est à première vue du côté de l'Etat espagnol. Le référendum a été tenu de manière illégale. Et les 90% invoqués par Carles Puigdemont ne représentent pas une majorité des inscrits. Le roi d'Espagne ne réagit pas de manière surprenante lorsqu'il se pose en garant de l'union indéfectible entre la monarchie, l'Etat de droit et la démocratie. Et pourtant l'opinion internationale a été étonnée de la prise de position de Philippe VI. Ce n'est pas seulement que la réaction du gouvernement espagnol vis-à-vis des Catalans allant voter, par police interposée, apparaisse inutilement violente. C'est que, plus profondément, le gouvernement espagnol est complice de la machine à discipliner les peuples et stériliser leur créativité qu'est l'euro. Regardez où nous en sommes arrivés, nous autres Européens. Nos Etats sont prêts à un grand degré de violence contre leurs peuples. Le matraquage d'électeurs pacifiques est disproportionné même si l'on juge - c'est mon cas - que le referendum de dimanche ne repose sur aucune base légale. Mais l'Etat espagnol n'exerce-t-il pas, depuis le début de la décennie une grande violence vis-à-vis de toute l'Espagne en maintenant la discipline absurde de la monnaie unique, tout à fait inadaptée à une sortie de la crise économique et financière internationale. L'Espagne est devenue un microcosme de l'Europe au plan régional. Elle a sa région qui a réussi dans le système de la monnaie unique, la Catalogne, et qui veut pas payer pour les autres qui se débrouillent moins bien dans un système où l'Allemagne interdit la flexibilité monétaire comme variable d'ajustement de l'économie. L''obstination des leaders du mouvement indépendantiste à tenir le référendum contre la volonté du gouvernement espagnol le range du côté de tous ces Européens nantis et inconscients de la profonde injustice sociale qui s'est mise en place à l'échelle de la zone euro.

On ne joue pas avec la souveraineté sans risquer de déclencher de grands malheurs. La crise espagnole n'est pas simplement le face-à-face entre un gouvernement central et un mouvement autonomiste qui se radicalise. Il est l'aboutissement de l'insoutenable légèreté de l'Union Européenne, dont les dirigeants croient depuis vingt-cinq ans que l'on peut décider, au nom d'un système qui n'est cohérent qu'en apparence, de créer une union monétaire sans avoir créé une union politique au préalable. Allons jusqu'au bout de l'analyse: l'union monétaire ne fonctionne pas ni sur le plan des résultats économiques ni sur le plan de l'adhésion populaire.

L'Euroland s'est donc durci, imposant un véritable pouvoir de coercition dont les gouvernements nationaux se font le relais. Madrid fait taper sans retenue sur les indépendantistes catalans comme s'il fallait compenser toute la pression subie de la part du pouvoir européen - du triangle du pouvoir européen actuel: Berlin-Francfort-Bruxelles. Les indépendantistes catalans comme boucs émissaires de la crise espagnole? Le système de l'euroland est profondément injuste parce qu'il a, en quelque sorte figé les situations à un moment donné, entre gagnants et perdants d'une extension à toute l'Europe de la régulation monétaire à l'allemande. Pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici, les Catalans s'y trouvent très à l'aise, ce qui est moins le cas des Castillans et des Andalous. Les Catalans ont plutôt tendance à s'enrichir tandis que les autres, en Espagne, ont tendance à stagner ou s'appauvrir. Les Catalans ont un réflexe de riches, de rentiers que le spectacle de la pauvreté environnante insupporte et qu'ils veulent mettre hors de vue. Les indépendantistes catalans ne veulent plus se contenter de la très forte autonomie dont ils disposent déjà; ils font de l'indépendance une question de principe; ils veulent rompre les amarres avec toute solidarité entre régions d'Espagne. Au fond, les équipes dirigeantes de Barcelone et celle de Madrid sont d'accord pour garder l'euro quel qu'en soit le coût social: et Madrid est enragé de constater que Barcelone n'est plus prête à l'aider dans le maintien du système de coercition sociale. On voit bien ce que qui gêne dans le discours de Philippe VI. On rêve d'une autorité morale qui, dans le même discours, dénoncerait l'égoïsme des classes supérieures catalanes, rappellerait à l'Europe les souffrances sociales de l'Espagne - qui n'épargnent pas "la Catalogne d'en bas" - et en appellerait à une grande manifestation de solidarité à travers toute l'Espagne avec les petits et les humbles pour refonder l'unité nationale, la prospérité et la solidarité. Mais aucune voix forte ne s'est dressée en Europe.

L'Eglise catholique pourrait jouer ce rôle mais le pape François est un penseur abstrait, pétri de bons sentiments mais coupé des réalités économiques et sociales à la différence des papes du XXe siècle; et je ne connais pas assez l'épiscopat espagnol pour savoir si nous pouvons attendre qu'une voix forte s'élève. Plus généralement, les dirigeants de l'Union Européenne sont trop structurellement impliqués dans le durcissement de la crise pour aider à la résoudre. Quelle réponse crédible l'UE peut-elle apporter? Si elle ne prend pas la défense des indépendantistes catalans, elle aura l'air de trahir sa propre cause. Si elle ne respecte pas la souveraineté espagnole, elle ébranlera un peu plus ce qui fait sa propre légitimité: la confiance que les Etats souverains ont mise en l'Union à laquelle ils ont délégué, pour le pire, l'exercice d'une partie de leur souveraineté. En même temps qu'à une crise espagnole très sévère, nous assistons au début de l'agonie de l'Union Européenne. Nul ne peut dire à quelle vitesse la crise européenne générale va s'enclencher. Mais elle est inévitable.
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Catalogne : la nation déchirée

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JB Noé : Mon premier contact avec le nationalisme catalan eut lieu il y a deux ans. J’envoyais un courriel à un professeur d’université à Barcelone, rédigé en espagnol. Celui-ci me répondit en catalan. Nous poursuivîmes donc la conversation en anglais. Cette anecdote est révélatrice des impasses du nationalisme catalan. Il est devenu une idéologie portée jusqu’à l’absurde (répondre en catalan à un locuteur français qui forcément ne maîtrise pas cette langue par refus d’utiliser l’espagnol, que le professeur en question maîtrise parfaitement) pour aboutir à une autre forme de domination (symbolisée par l’usage de l’anglais). La Catalogne est déchirée et il n’y a plus de dialogue possible entre les indépendantistes et le reste de l’Espagne.

[…]
Malheur aux Catalans qui ne sont pas indépendantistes : ils sont brimés et, dans les administrations, leur progression professionnelle est arrêtée. La région ne semble plus qu’avoir une seule obsession en tête : l’indépendance.

L’indépendance ou l’hubris en action

La passion indépendantiste a rejoint les sommets de l’hubris, la démesure décrite par les Grecs comme étant déraisonnable et coupée du logos, de la raison. Impossible d’échanger avec un Catalan indépendantiste sur le sujet. Quand on leur demande quelle constitution ils prévoient en cas d’indépendance, comment ils feront pour assurer les services régaliens d’un État (diplomatie, armée, police, douane), ce qu’ils feront aussi lorsqu’ils auront quitté l’Union européenne, quelle monnaie ils prendront en place de l’euro, il n’y a aucune réponse. Les indépendantistes ne parlent que de passions, de luttes, d’oppression, mais ils n’ont aucun sens des réalités concrètes d’une indépendance ni des obligations dévolues aux États. Face à cette absence totale de dialogue, on comprend que la situation avec le gouvernement central soit bloquée. Madrid essaye de rester dans le domaine du droit, de rappeler que la tenue de ce référendum est illégale et qu’il ne respecte ni la constitution espagnole ni les lois votées par la Generalitat. Mais dans les villes en-dehors de Barcelone cela fait longtemps que les panneaux écrits en espagnol ont été retirés pour être remplacés par des panneaux en catalan. 

[…]

La gauche extrême est prête à enclencher cette violence. 

 
Le terrorisme n’est jamais loin de la criminalité vénale. Si l’on commence à commettre des attentats pour des motifs politiques, on les poursuit pour des motifs financiers, sous couverture politique. Les Farcs contrôlent le trafic de drogue, les mafias albanaises ont fait du Kosovo leur base arrière, les terroristes basques se sont enrichis dans le trafic d’armes. Il en ira de même pour les éventuels terroristes catalans. Une alliance financière avec les islamistes n’est pas à exclure. La Catalogne, via le port de Barcelone, pourrait ainsi devenir une plaque tournante de l’entrée de la drogue en Europe. Les réseaux existent déjà vers le Maroc. Il faudra peu de chose pour les activer et pour relancer la chaine de la violence en Espagne. Ce sujet concerne directement la France. Outre que nous avons une frontière commune, les indépendantistes souhaitent l’indépendance de la Catalogne française. Nos insoumis français ont pris Podemos comme modèle et sont prêts à s’allier avec la CUP. Ce qui se joue en Espagne dépasse donc largement ses frontières.

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Et moi, quelle est mon opinion ?

D'abord, je n'en ai rien à foutre, de la Catalogne et des Catalans. Je ne suis pas de ceux qui se préoccupent des Tartares pour ne pas avoir à aimer leurs voisins.  Que les Espagnols prennent leurs responsabilités. Je ne vais pas aller leur expliquer ce qu'ils doivent faire.

Ce mélodrame catalan ne m'intéresse donc que dans la mesure où il a un impact sur la France.

Les indépendantistes catalans sont des petits mecs (mille anecdotes comme celle de JB Noé le prouvent) qui ne méritent rien d'autre que le mépris (d'autant plus qu'ils se mêlent d'exporter leur indépendantisme en Roussillon français : un grand coup de pied au cul, voilà ce qui leur faut). Et Dieu sait si les minables sans scrupules prennent partout le pouvoir.

A l'évidence, l'indépendance catalane représenterait une grande victoire pour tous ceux (islamistes, européistes, américains, gauchistes) qui rêvent d'assassiner les vieilles nations européennes.

D'autre coté, l'indépendance catalane, forcément chaotique, entrainerait, presque à coup sûr, un éclatement de l'Euro que j'appelle de mes voeux.

Alors, je ne sais pas ce que je préfère, mais je sais que j'ai peur.

Contrairement à ce que croient les cons, l'histoire ne s'arrête pas et elle est tragique. Comme l'écrit avec sagesse Edouard Husson, on ne joue pas impunément avec la souveraineté. L'histoire s'apprête à nous présenter la note et elle va être salée. Elle pèsera son poids de larmes, de sang et de misère, et les morts ne se relèveront pas à la fin.