dimanche, janvier 22, 2017

Scandale EDF : coupures d'électricité dues au froid ordinaire

Le froid qui sévit actuellement en France n'a rien d'extraordinaire et pourtant, il y a des coupures d'électricité. C'est un véritable scandale dont nous connaissons tous les raisons (démagogie écologiste, priorités d'EDF tournées vers la paix sociale en interne, délires pharaoniques etc.).

On va encore nous faire le sketch des « courageux électriciens qui affrontent la neige et le blizzard pour réparer ». Mais pour réparer quoi? Des pannes qui n'auraient jamais du se produire. Des pannes dues à l'imprévoyance, à la paresse, à la lâcheté, à l'orgueil.

samedi, janvier 21, 2017

Renan reçoit Pasteur

Le 27 avril 1882, Louis Pasteur est reçu par l'Académie Française.

Comme le veut l'usage, il fait l'éloge de son prédécesseur, Emile Littré. Conformément à son caractère rugueux, Pasteur transforme vite l'éloge en critique.

En tant que directeur, Ernest Renan lui répond :

« Nous sommes bien incompétents, Monsieur, pour louer ce qui fait votre gloire, ces expériences admirables par lesquelles vous atteignez jusqu'aux confins de la vie, cette ingénieuse façon d'interroger la Nature qui, tant de fois, vous a valu de sa part les réponses les plus claires.

En un mot, Monsieur, vous avez ce quelque chose qui appartient au même degré à Galilée, à Pascal, à Michel-Ange et à Molière : le génie.

Mais ce n'est pas une raison pour mépriser les disciplines qui ne sont pas les vôtres.

Chez nous, vous finirez par trouver que les prudentes abstentions de M. Littré avaient du bon. Vous assisterez aux peines que se donne notre philosophie pour faire la part de l'erreur. A la vue de tant de bonnes choses qu'enseignent les lettres, en apparence frivoles, vous arriverez à penser que le doute discret, le sourire, l'esprit de finesse dont parle Pascal, ont aussi bien leur prix. En un mot, Monsieur, nous vous communiquerons nos hésitations ; vous nous communiquerez votre assurance ... Soyez le bienvenu. »

On peut avoir soixante ans, être à juste titre une gloire nationale, et se prendre une volée de bois vert comme un jeune homme.



L'Académie Française est précieuse, elle reste un des derniers conservatoires de cet esprit de finesse qui se perd.

Il y a quelques années, le cardinal Lustiger, atteint d'un cancer qui ne pardonne pas et se sachant près de sa fin, était venu faire des adieux tout en retenue à l'illustre assemblée.

Dans un registre plus joyeux, Paul Valéry fait l'éloge de son prédécesseur, qu'il détestait, sans prononcer une seule fois son nom.


vendredi, janvier 20, 2017

La politique de Trump est plutôt claire (et les sénateurs français sont des brêles)

Un de mes correspondants m'a envoyé le compte-rendu d'une audition de deux chercheuses par la commission des affaires étrangères su Sénat présidée par Jean-Pierre Raffarin (celle du 11 janvier).

On ne peut pas dire que cela remonte le Sénat dans mon estime : les interventions sont verbeuses, les analyses grossières, superficielles et méprisantes pour Trump. Aucune hauteur de vue, aucune réflexion, on reste au niveau du café du commerce avec des mots plus ronflants et beaucoup trop de phrases. Aucun esprit de synthèse.

En lisant cette diarrhée, on se dit (une fois de plus, hélas) que nous sommes vraiment dirigés par des brêles. Des baveux.

Alors disons ici (gratuitement) ce qu'on n'a pas entendu au Sénat.

Trump veut satisfaire son électorat, la classe moyenne américaine, pas seulement blanche (il fait un plus gros score que Romney chez les noirs et les latinos) dont il partage la vision. Déjà, ce point de vue est totalement incompréhensible pour des sénateurs français : s'occuper de la classe moyenne ? En partager la vision ? Hérésie ! Epouvante !

Pourtant, à partir de là, tout s'éclaire.

La mondialisation est dommageable à la classe moyenne américaine ? Trump est contre la mondialisation.

La classe moyenne est patriote et plutôt isolationniste ? Trump est patriote, contre la Chine, et veut cesser de s'occuper du monde entier.

La classe moyenne est hostile à l'immigration et voit en l'islam un ennemi ? Trump veut arrêter l'immigration et combattre l'islam.

Et ainsi de suite.

En suivant ces axes, l'incertitude tant répétée pendant cette audition au sénat (veuillez m'excuser d'avoir mis précédemment une majuscule à ce ramassis d'abrutis) disparaît presque complètement. Il ne reste que l'incertitude normale dans la vie.

Par contre, on a une certitude : les sénateurs français sont des cons.


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Addendum (encore) :


Après la cérémonie d’investiture du 45e Président des Etats-Unis, on comprend mieux la détestation qu’il soulève dans le microcosme politico-médiatique français. Son discours inaugural, qui a respecté les formes traditionnelles du passage de pouvoir, avec les remerciements d’usage à l’égard du couple Obama, a sur le fond été clairement révolutionnaire. Certes, on peut être sceptique sur les moyens qu’il aura d’accomplir cette révolution, mais il faut avoir l’honnêteté de dire quel plaisir d’entendre le Chef d’Etat de la démocratie, la plus puissante au monde, prononcer des paroles qui sont devenues politiquement incorrectes en France depuis les années 1980. Car enfin, América First, cela se traduirait par France d’abord, autrement dit par l’affirmation sans complexe de la préférence nationale. Il faut acheter américain, il faut employer des Américains. Imagine-t-on que le Président français dise cela ? Il est vrai que le marché américain est plus vaste que le Français, et qu’objectivement, aux Etats-Unis comme en France, il faut exporter des produits, et accepter que les pays importateurs puissent également nous vendre leurs produits. Mais pas à n’importe quel prix pour la population nationale ! Elle doit être la première servie, parce que c’est le devoir d’un responsable politique à l’égard de sa nation. Cette réflexion de bon sens est devenue impossible chez nous à voix haute. La « préférence nationale » qui était un leitmotiv chiraquien en 1986 est devenue un péché contre la pensée unique, une marque infamante de l’extrême droite.

En la défendant, Donald Trump, en a commis un autre. Il a osé dire qu’il fallait rendre le pouvoir au peuple, à ce que Richard Nixon appelait la majorité silencieuse, et qu’il appelle les oubliés. Il est étonnant de voir ce milliardaire affirmer sans nuance cette posture décriée chez nous sous le nom de populisme. Car redonner le pouvoir au peuple, à la périphérie, à ces Etats parsemés d’industries rouillées qui l’ont élu, c’est aussi le reprendre à Washington, à cette capitale remplie de fonctionnaires qui votent « démocrate », c’est l’arracher aux technocrates, à la caste de l’Etablishment, qu’Hillary Clinton représentait si bien. Comme on l’a vu ces derniers jours avec les échanges peu amènes entre le Président élu et les responsables des services de renseignement, la tache du nouveau Président ne sera pas aisée. Il lui faudra mettre en oeuvre une politique qui désavoue beaucoup de ceux que leurs fonctions appellent à la servir. Le « spoil system » devra être renforcé. 4000 nouveaux responsables devraient aider l’homme de la Maison Blanche dans sa mission de rendre à l’Amérique sa grandeur, mais il lui faudra compter sur le contrôle d’un Sénat, qui est certes républicain, mais pas nécessairement éperdument séduit par Trump.

Le spectacle était grandiose. Le Président n’a pas hésité à invoquer Dieu à plusieurs reprises, à le citer comme le meilleur protecteur de l’Amérique. Là encore on a pu mesurer la distance infiniment plus grande que l’Atlantique qui nous sépare des Etats-Unis. « Pour croire, faîtes les gestes » disait Pascal. Un pays qui n’accomplit plus les rites avec la pompe souhaitable et qui bannit Dieu de ses discours officiels, un pays qui se déchire jusqu’au perron de l’Elysée lorsqu’un Président sortant est hué ou qu’un élu n’accompagne pas son prédécesseur jusqu’à sa voiture, ne fait plus les gestes de la grandeur et a de plus en plus de mal à y croire. Le 14 Juillet 1790, lorsque l’unité nationale était affirmée en présence du roi et qu’une messe était célébrée, il y avait ce faste et cette ferveur. C’est ce jour et non la prise de la Bastille que nous fêtons le 14 Juillet. Le patriotisme a donné du souffle au discours présidentiel et le contexte cérémoniel l’a rendu crédible et légitime. Dire que l’on va rendre à l’Amérique ses emplois, sa prospérité, ses frontières, mais aussi ses rêves constitue une synthèse difficilement imaginable dans la bouche d’un politicien français. Associer la fermeture du protectionnisme à l’ouverture sur le rêve américain, sur la conquête spatiale, sur les nouvelles technologies est un paradoxe. Ce n’est pas une contradiction. Trump veut que l’Amérique soit un exemple plus qu’un empire, un exemple qui rayonne et suscite la fierté nationale. Il veut des alliés plutôt que des vassaux, des alliés qui partagent les efforts et de nouveaux alliés qui unissent le monde civilisé contre le terrorisme islamiste. On pense bien sûr au changement d’attitude par rapport à la Russie.

Beaucoup de commentaires auront chez nous été critiques ou hostiles. Notre microcosme va regretter Obama, comme cette journaliste française qui devait nous informer sur la politique américaine et qui révèle son parti pris en disant qu’elle rejoint Macron, parce qu’il est l’Obama français. Sans doute a-telle raison en spécialiste de la politique spectacle. Les discours sans effets de l’ex-Président américain ont été applaudis par nos médias comme le sont ceux de Macron. Le microcosme, qui est plein de préjugés, a ses chouchous. Mais, « quand on a le patriotisme au coeur, il n’y a pas de place pour les préjugés » disait Trump ce midi à Washington.

Addendum de l'addendum :

Yves Roucaute ne dit pas que les sénateurs français sont des cons, probablement parce qu'il ignore leur existence, mais, comme moi, il trouve que la politique de Trump recèle peu d'incertitudes :

45e président des États-Unis, c'est parti : tout ce qu'on vous a raconté sur Donald Trump et qui n'a rien à voir avec la réalité

Ceux qui, comme nos cacochymes sénateurs, prétendent que la politique de Trump est incertaine montrent juste qu'ils ne l'ont pas comprise.

Trump : les difficultés commencent

La bien-pensance écume de rage contre Trump, elle se roule par terre la bave aux lèvres (article finalement assez comique du Figaro). Elle a raison : son existence est menacée. Mais ses arguments sont assez ridicules. Comme d’habitude, la bien-pensance prend les gens pour des cons et elle a encore raison, au moins pour ce qui la concerne. Il faut vraiment être con comme un balai pour voter de bonne foi démocrate (ou socialiste chez nous). Voir l’article de Taleb Intellectual Yet Idiot (1).

En revanche, Trump a une vraie grosse faiblesse : personne ne lui doit rien à Washington. C’était d’ailleurs son argument principal : je ne suis pas du Système, je ne dois rien à Washington et Washington ne me doit rien (à part quelques chèques à droite à gauche). Mais cet argument va se retourner contre lui (encore une acception de « Les qualités pour être élu sont l’inverse des qualités pour gouverner »).

Quand on interrogeait Lyndon Johnson sur la facilité avec laquelle il avait passé ses lois, il répondait : « Avec le temps que j’ai passé au Congrès, ils me doivent tous quelque chose. ». Vous comprenez aisément comment cela se retourne contre Trump. Le processus des nominations trumpiennes n’avance pas très vite.



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(1) : et ce commentaire satisfait :

Post-Post Postscript

(Written after the surprise election of 2016; the chapter above was written several months prior to the event). The election of Trump was so absurd to them and didn’t fit their worldview by such a large margin that they failed to find instructions in their textbook on how to react. It was exactly as on Candid Camera, imagine the characteristic look on someone’s face after they pull a trick on him, and the person is at a loss about how to react.

Or, more interestingly, imagine the looks and reaction of someone who thought he was happily married making an unscheduled return home and hears his wife squealing in bed with a (huge) doorman. Pretty much everything forecasters, subforecasters, superforecasters, political “scientists”, psychologists, intellectuals, campaigners, “consultants”, big data scientists, everything they know was instantly shown to be a hoax. So my mischievous dream of putting a rat inside someone’s shirt (as expressed in The Black Swan) suddenly came true.
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Addendum post-investiture :

Trump : une croisade sans ingérence. Ce qu’annonce sa nouvelle administration

« Ceux qui croient Trump stupide n'ont pas regardé ce qui vient de se passer »

Discours d'investiture dur, sans envolée lyrique et même sans hauteur (j'ai trouvé le discours de Theresa May sur le Brexit meilleur), cohérent avec le fait que Trump dit vouloir être juger sur les actes et non sur les mots.

Il faut être couillu pour dire ce qu'il a dit avec l'establishment de Washington dans son dos.

Mais, ce n'est pas le discours de Péricles en l'honneur des morts d'Athènes. Dommage, il n'y manquait pas grand chose : une ouverture sur le monde. Pas grand chose, certes, mais ça manquait vraiment.

jeudi, janvier 19, 2017

Européisme pas mort

Une thèse à la mode chez les conservateurs  : l’européisme est zombie. Il est déjà mort mais il ne le sait pas encore.

Cette idée me paraît d’un optimisme délirant, façon alcoolique breton imbibé au Chouchen, ayant pissé sur les femmes infidèles, venant de découvrir que toutes les bouteilles ne sont pas vides et qu’il va pouvoir continuer à biberonner.

La vérité est que les européistes sont aujourd’hui très largement majoritaires dans les institutions et les lieux de pouvoir des pays européens, y compris dans le gouvernement et le parlement britanniques.

Oui, l’européisme en a pris un coup dans la cafetière, mais il est très très loin d’être mort, ou même mourant. Souvenez vous qu’il a eu la peau de Margaret Thatcher, qui était, me semble-t-il, autrement plus coriace que Theresa May (la « poll tax » n’était qu’un prétexte). Il faudra beaucoup plus qu’un referendum dans un pays de l’UE pour le mettre à genoux. L’européisme est à la fois un messianisme politique et l’idéologie qui justifie le pouvoir et l’opulence d’une caste. Il est donc d’une solidité d’airain. Il ne faut pas sous-estimer sa résistance.

Pour l’instant, c’est toujours l’européisme qui tient le manche bien ferme.


Éric Zemmour : "Theresa May et Angela Merkel... par rtl-fr

Fillon : la confirmation, la désolation

François Fillon met en avant Henri de Castries.

Il n’y a pas plus caricatural comme représentant de l’hyper-classe mondiale honnie, Bildelberg, capitaliste de connivence, et tout, et tout. S'il y en a un sur qui compter pour que rien ne change de ce qui nous tue, c’est bien lui. Entre la douleur sans fin et la fin de la douleur, son choix est facile à deviner : il choisit la continuation de la douleur pour les sans-dents. Pas de sortie de l’Euro, pas de sortie de l’UE. Juste une couche supplémentaire d’économie sacrificielle sans perspective. Encore un qui s’enquerra avec empressement, peut-être même avec tendresse, des desiderata de Berlin, de Bruxelles et de Washington, peut-être de Paris VIIIème, mais certainement pas ceux d'Hénin-Beaumont, de Guéret et de Melun-Sénart.

Pour bien confirmer, François Fillon préfère la bobo-gaucho-mondialo NKM à Rachida Dati. La droite la plus bête a remis en route la machine à perdre, qui ne s’est d’ailleurs jamais vraiment arrêté.

Le titre de ce billet est juste pour la rime : je ne suis pas désolé par cette nouvelle puisque je n’attends rien de Fillon (je reste désolé par l’état de la France en général). Il se peut que François Fillon finisse président, parce qu’il en faut bien un, mais cela sera un choix par défaut, porteur de désespérance.

François Fillon n'est sans doute par un mauvais homme suivant les standards désastreux de la politique française (30 % des parlementaires ayant eu affaire à la justice ou au fisc), mais c'est un prisonnier : prisonnier de sa carrière, de son entourage, de son confort, de son manque d'audace.

Plus l’élection présidentielle approche, plus je suis convaincu que les principaux candidats sont interchangeables, même s’ils surjouent les nuances entre eux pour amuser la galerie médiatique. Nous sommes tellement habitués à la pensée unique que nous ne savons plus ce qu’est une offre politique diversifiée. Faute de cette offre politique permettant de vrais choix, France n’a plus son destin en main. Les changements nous seront imposés par des chocs externes (Brexit, Trump, Italexit, guerre thermonucléaire entre le Balouchistan et le Luxembourg, etc.).

J’en ai marre d’avoir raison, sauf quand j’ai tort (j’ma planté sur le Brexit et un peu sur Trump).

mardi, janvier 17, 2017

Brexit means Brexit (enfin !) ... et pendant ce temps, la classe jacassante française est en extase devant Macron

Enfin ! Le discours de Theresa May d'aujourd'hui a été clair :

1) La Grande-Bretagne sort du marché unique européen (sauf éventuellement pour la finance et l'automobile), de la cour européenne des droits de l'homme et de la cour européenne de justice afin de retrouver sa souveraineté judiciaire et sa souveraineté sur la politique migratoire, qui est un enjeu plus important que l'économie.

2) En cas de position non-coopérative de l'UE, les deux parties souffriront et la Grande-Bretagne sortira son arme atomique : la guerre fiscale.

3) L'accord final sera soumis au Parlement. Ce point me chagrine, il rend un retour en arrière théoriquement possible. Mais dans deux ans, bien des choses auront changé.

Ce n'est pas tous les jours qu'on entend un discours dont on devine qu'il est historique (Jacques Sapir : « Le ‘Brexit dur' et la rupture avec lemarché unique, un événement historique ») :



Pendant ce temps, la France discute de Fillon, Macron, Le Pen, surtout Macron, dont aucun ne propose vraiment de changer de politique, même plus Le Pen. La France va, une fois de plus depuis 1981, rater un tournant de l'histoire.

J'en pleurerais de rage.




430

430 … viols par jour en France en 2016.

Pas entendu les féministes sur le sujet. Comme on ne les entend pas à propos des zones de France gouvernées par la charia. Mais bon, les associations féministes étaient occupées à faire libérer Jacqueline Sauvage qui a assassiné son mari. On ne peut pas tout faire.

Rassurons-nous : si ça se trouve, 430, c’est par jour ouvrable.


Campagne présidentielle, faux policiers et quartiers mis à sac : etpendant ce temps là, l’insécurité au quotidien poursuivait sonpetit bonhomme de chemin

lundi, janvier 16, 2017

Taxicab confessions

Donald Trump fait un usage politique de Twitter. Je n'imagine pas qu'il n'en ait pas discuté avec son entourage et que la chose n'ait pas été débattue (si ce qu'on peut lire du fonctionnement de l'équipe Trump est exact). Dalrymple ne semble pas l'avoir compris, il n'est pas chauffeur de taxi.

Il est vrai que l'attaque de Trump contre Streep n'est pas sa meilleure.

Pour le reste, Dalrymple suggère tout de même, avec son air délicieux de ne pas y toucher, que :

1) n'importe quel chauffeur de taxi est meilleur juge des choses de la vie que Meryl Streep.

2) les étudiants sont des enfoirés (ma traduction de « evil bastards »).

C'est moi qui souligne :

Taxicab Confessions

by Theodore Dalrymple

January 14, 2017

The question of intellectual and moral authority is an important one, especially at a time when everyone can and does give his opinion in public about anything and everything. By intellectual and moral authority I do not mean authority in the legal sense, according to which some people are licensed to speak in a certain context and others are not. I mean rather the natural authority that derives from thought or knowledge that is out of the ordinary.

In other words, whom to believe—or at least to take seriously—in our unprecedented cacophony of opinion?

I suppose all ages have had their charlatans, and in no age has credence been placed in what someone says precisely in proportion to his real authority to say it. Is there anyone who has never been taken in by false credentials or by a bogus air of competence and knowledge? As a doctor I have often exuded a confidence to my patients that I by no means felt. Having been seriously ill myself, however, I know only too well that the last thing a patient wants is a Dr. Hamlet, scrupulously doubting the veracity of his own opinion.

“If there is one person in the world who does not have the right of spontaneous free public expression, it is the President of the United States.” The attention given to the opinions of people from the world of entertainment—essentially actors and pop stars—irritates me. Actors strike me as unlikely gurus because those who spend their lives imitating others are unlikely to have firm principles or even personalities of their own. In practice, moreover, the opinions of actors and pop stars are drearily uniform: When it comes to bad things that might cause suffering, they are always against them.

I cannot imagine why anyone should take any notice of what such people say—except, of course, that being kept constantly entertained is the main purpose of many people’s lives, and they naturally assume that those who entertain them are therefore of immense importance and authority. At any rate, this must be the premise on which the news media report that rock guitarist A wants to save the whales, and actor B is worried about the fate of children in Burkina Faso (formerly the Upper Volta).

Of course, such people have as much right to their opinions as anyone else, but the deference given them by the publicity they receive is rather odd. It is a bit like the publicity given more than a century ago to the testimonials of aristocrats about the value of patent medicines, as if a hereditary title conferred special insight into the pharmacology of bowel movements.

It was only to be expected that Meryl Streep should use the occasion of the presentation of the Golden Globes lifetime achievement award to prove her virtue by criticizing the president-elect, Donald Trump. Mr. Trump is a target whom it is almost impossible to miss, and therefore, insofar as everyone needs an object of disdain and reprobation, he performs a valuable public service. Even quite bad people can, with some justification, feel morally superior to him in some respect or other.

Ms. Streep’s attack was neither unexpected nor original. If instead she had come out in favor of Mr. Trump’s Mexican wall, and furthermore threatened Mexico with war if it did not pay for it, her speech would have been marginally more noteworthy; but as it was, Mr. Trump’s response was the more interesting. He seems to have a rhinoceros hide and a very thin skin at the same time.

He at once replied that Ms. Streep was overrated, presumably as an actress. This was a very adolescent reply. I know nothing of Ms. Streep as a person, whether she is good or bad or something in between the two (as most of us are), and I am not interested; but she is a very good actress, and this would be so even if she were a Nazi, a Communist, a flat-earther, a vegetarian, a spiritualist, a sadomasochist, or a child molester. Her acting ability has nothing to do with the justification of her opinion (or lack of it); and for the president-elect to react like a child in a playground quarrel is alarming. Someone should take his mobile phone from him. If there is one person in the world who does not have the right of spontaneous free public expression, it is the President of the United States.

But to return to my original question, if I do not believe in the intellectual and moral authority of persons such as Meryl Streep, in whose intellectual and moral authority do I believe? If not actors’ and rock musicians’, whose?

My answer is simple: that of taxi drivers. A lot of my information about humanity and the world comes from taxi drivers, and on the whole I have found them more reliable, accurate, intelligent, and realistic than, say, the commentators in the Financial Times. They are generally much more interesting, too, and express themselves more vividly, even if English is their seventh language.

I was once in Singapore trying to catch a taxi. You cannot just hail a taxi on the street in Singapore, you have to go to a taxi stand. This I did, but still no taxi would stop for me. The taxis swept past me as if I did not exist. Then someone came and hailed a taxi about two feet to my right. A taxi stopped immediately and took him. Was this some kind of discrimination, in the politically correct sense of the word? No: When I stood two feet to the right of where I had been standing, a taxi stopped for me immediately.

I told the driver of my experience and he, Chinese without a great deal of English, replied, “Singapore velly, velly law.”

Have you read anything in the Financial Times, or any other serious newspaper, that so succinctly and accurately sums up a country or society?

Take another example, more recent. I was in an English university town where I took a taxi from the station to the university. We fell to talking, the driver and I, and to keep our conversation going I asked him whether the students were nice.

“No,” he said, “they’re evil bastards.”

This judgment was so spontaneous, so deeply felt, and so obviously the fruit of what sociologists call lived experience, that it could only have been true.

When I was young, I was told that if you wanted to know the time, you should ask a policeman. If you want to know what the world is like, ask a taxi driver.



dimanche, janvier 15, 2017

Trump continue à bien me plaire

Donald Trump s'en prend à une icône des droits civiques

C'est bien, c'est très bien.

C'est peut-être injuste pour l'homme visé par Trump, je n'en sais rien. Mais, dans la véritable guerre qu'il faut mener à la dictature du politiquement correct, c'est une bonne tactique : une des techniques du politiquement correct pour nous imposer ses tabous et ses idées, c'est de nous cerner de prétendues "icônes" (remarquez le vocabulaire pauvre, stéréotypé ... et religieux) qui seraient intouchables et impossibles à critiquer.

Ainsi, en France, Christiane Taubira, proclamée "icône" par une certaine presse, devenait impossible à critiquer sous peine d'encourir la peine de mort sociale qu'est l'accusation (d'ailleurs, le soupçon suffit) de racisme.

Il est donc sain à long terme que Trump ne plie pas, même si à court terme, ça tache.

Bien sûr, je préférerais vivre dans un monde dans lequel les débats seraient entre gens de bonne foi et les arguments justes et équilibrés.

Mais ce n'est pas le monde dans lequel nous vivons et les excès de Trump (qui ne sont pas si excessifs, examinés de près) sont nécessaires pour briser le cercle de fer du politiquement correct.

Agression à l'acide chlorhydrique à Echirolles en Isère : le suspect a fui en Algérie

PETER HITCHENS: For once Donald Trump is right - these sordid claims stink (and you can take that from a man who knows a lot about seedy stings in Russian hotels)

Ou en français :

Les coups de pied de l’âne démocrate …

Hé oui, nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours. Il serait peut-être temps de s'en souvenir.


Portrait d'un homme heureux, André Le Nôtre1613-1700 (E. Orsenna)

Les ignorants font ce qu'ils savent faire de mieux : ils méconnaissent. Il est ainsi de bon ton chez les imbéciles de trouver les jardins à la française trop géométriques, trop droits.

Ils ne savent pas une chose : tout jardin un tant soit peu travaillé, français, anglais, italien, japonais, chinois, est un rébus, et les jardins à la française pas moins que les autres. Et, inversement, les jardins anglais ne sont pas plus naturels que les jardins français.

Les jardiniers français, entre autres, jouent avec le visiteur, entre les symboles explicites et les effets optiques.

On découvre en marchant que telle allée qu'on croyait droite et sans mystères dissimule des escaliers et n'est pas tout à fait droite, que tel bosquet raconte vu d'en bas l'histoire exactement inverse de celle qu'il raconte vu d'en haut,  que les sujets des statues nous envoient un message etc.

Je ne suis pas original. A Versailles, mes bosquets préférés sont les trois fontaines, la salle de bal et les bains d'Apollon. Le chateau n'a guère d'intérêt, mais les jardins sont une merveille de la France, comme le Mont Saint Michel ou Notre Dame de Paris.


vendredi, janvier 13, 2017

Zemmour et les collabos

A partie de la 47ème minute (et vous pouvez regarder ensuite Tanguy Pastureau) :

Zemmour et Naulleau 11 Janvier 2017

Dans ce dialogue avec Moix et Naulleau (on remarquera la conception « équilibrée » du débat télévisuel à la française : Z. seul contre trois, l'animatrice n'étant pas vraiment neutre) , Zemmour a eu raison de ne pas céder un pouce de terrain, de ne pas faire une concession.

En effet, c’est un problème aussi vieux que le monde : les radicaux, les envahisseurs, les révolutionnaires ne pourraient rien s’ils restaient isolés. Ils ont besoin de l’aide du marais, les collabos mous qui minimisent le danger, nous invitent à regarder ailleurs, détournent l’attention, discutaillent en tournant autour du pot et permettent aux violents de progresser jusqu’à ce qu’il soit trop tard (ou presque).

Ne pas mettre le doigt là où ça fait mal, ne pas assumer les situations conflictuelles, donner la préférence à l’abaissement, au renoncement, préférer faire soi-même toutes les concessions plutôt que d’en exiger aucune de l’Autre. Ne pas voir ce qu'on voit. Et ne pas en tirer les conséquences.

Les collabos nous donnent toujours la même justification : le pacifisme. Ils n’hésitent pas à se parer de la vertu et à peindre ceux qui veulent réagir sous les couleurs les plus noires : bellicistes, extrémistes, diviseurs, manquent de nuances, de finesse etc. Et en plus, les collabos ont généralement le culot de se prétendre intelligents ou, au moins, rusés. Toi qui veux te battre immédiatement, sois plus intelligent, sois raisonnable, temporise, procrastine, manœuvre, contourne, agis mais pas tout de suite attends le moment propice … jusqu’à que le désastre soit si avancé qu’il ne soit plus possible d’agir.

Si De Gaulle avait été « nuancé » et « intelligent » à la manière des collabos, il ne serait jamais parti pour Londres.

Moix et Naulleau ont été à juste titre vexés de se faire traiter de collabos : il n’y a que la vérité qui blesse. Zemmour a bien fait.

Le travail des collabos est d'autant plus facile  qu'il suffit que les non-violents ne se sentent pas soutenus face aux violents pour qu'ils cèdent du terrain (c'est pourquoi les violents n'ont plus besoin d'exercer la violence, la simple connaissance de leur extrême « susceptibilité », la proverbiale « sensibilité » des banlieues du même nom, suffit pour qu'ils obtiennent ce qu'ils veulent. C'est pourquoi la quiétude des banlieues françaises est inquiétante : c'est la preuve de la victoire des barbus. C'est le calme de la soumission, non celui de la concorde) :

Cette France abandonnée aux islamistes

Georges Bensoussan : « L'antiracisme dévoyé a fait taire le peuple français »

Profs, médecins, policiers ... Ils brisent la loi du silence






jeudi, janvier 12, 2017

Remettre dans le le bon sens la doctrine catholique sur l'immigration

Les catholiques qu'on voit et qu'on entend  dans le poste déconnent complètement sur l'immigration.

Mais, s'ils sont, à juste titre, inquiétants, ce ne sont pas les seuls catholiques ni les plus fidèles à l'histoire de l'Eglise.

Les mitrés, eux, sont fidèles à eux-mêmes : dès qu'ils causent de politique, c'est la foire du slip. Comme le fait remarquer, Alain Besançon, l'analyse du communisme par le Vatican dans les années 20 était juste et profonde, pourquoi a-t-elle été révisée ensuite pour aboutir à de fâcheuses complaisances ?

Allez, on attaque avec Carl Schmitt :

La notion de politique de Carl Schmitt

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Le Christ et l’Église catholique à sa suite recommandent d’aimer ses ennemis et de prier pour eux et leur salut. Schmitt rappelle à ce sujet la distinction latine entre inimicus (ennemi personnel) auquel l’Évangile fait référence et hostis (ennemi politique). Pour illustrer son propos, il donne l’exemple suivant :

« Dans la lutte millénaire entre le christianisme et I ’Islam, il ne serait venu à l’idée d’aucun chrétien qu’il fallait, par amour pour les Sarrasins ou pour les Turcs, livrer l’Europe à l’Islam au lieu de la défendre. L’ennemi au sens politique du terme n’implique pas une haine personnelle, et c’est dans la sphère de la vie privée seulement que cela a un sens d’aimer son ennemi, c’est-à-dire son adversaire. »

Cette citation brille par son actualité. Face à l’invasion migratoire et à la place de plus en plus importante que prend la religion mahométane en France, l’Église catholique dans la continuité du Concile Vatican II propose aux chrétiens d’accueillir l’autre sans distinguer l’étranger en tant qu’individu de l’étranger en tant que masse politique. Pourtant, si un chrétien doit aider l’étranger en tant qu’individu lorsque ce dernier lui réclame de l’aide, d’un point de vue politique, l’Église et la sphère étatique doivent se prononcer contre cet afflux considérable d’étrangers qui présente une menace pour le bien commun et l’unité du pays (insécurité culturelle, baisse des salaires, danger pour la foi catholique, violences interethniques etc.). Carl Schmitt le confirme d’un point de vue conceptuel : lorsque l’antagonisme extérieur consistant à distinguer les nationaux des étrangers disparaît, l’État peut perdre son unité politique et l’antagonisme risque alors de se situer à l’intérieur de l’État à travers une guerre civile.
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On continue avec Dandrieu :

Éric Zemmour: « Pour qui sonne le glas ? »

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Laurent Dandrieu n'est pas Lénine, mais il pose quand même la question fatidique: que faire ?

Il ne prône pas la Révolution mais la révolte. Une sorte de dissidence qui s'appuie d'abord sur les témoignages des chrétiens d'Orient, qui connaissent mieux que personne l'islam réel, et non l'islam fantasmé en Occident: « Nos souffrances d'aujourd'hui constituent le prélude de celles que vous, Européens et chrétiens occidentaux, subirez aussi dans un proche avenir…Vous dites que tous les hommes sont égaux. L'islam ne dit pas que tous les hommes sont égaux. Vos valeurs ne sont pas les leurs. Si vous ne le comprenez pas à temps, vous deviendrez victime de l'ennemi que vous avez accueilli chez vous » (Mgr Amel Shimoun Nona, archevêque chaldéen de Mossoul dans le Corriere della Sera).

Dandrieu dénonce les chimères de certains exégètes bienveillants de la parole papale qui y voient une inspiration prophétique de celui qui compte bien convertir à la fin des fins les millions de musulmans qui déferlent sur le continent européen, comme l'Église avait christianisé les «barbares» francs ou normands à la chute de l'Empire romain. Mais, pour l'instant, c'est l'islam qui convertit les jeunes Européens déchristianisés en mal de spiritualité et de repères. Dandrieu évoque les erreurs politiques que le Vatican a accumulées au cours du XXe siècle, dans un mélange de fausse habileté et d'ingénuité qui ressemble beaucoup à son comportement actuel vis-à-vis de l'islam, lorsqu'il rallia la République en 1892, condamna l'Action française ou abandonna les cristeros mexicains en 1926. Dandrieu aurait pu ajouter que le Vatican n'a guère été plus lucide face au communisme stalinien dans les années 1950, comme l'a rappelé avec autorité Alain Besançon dans son dernier livre.

Enfin, et surtout, notre auteur note avec pertinence que l'Église n'a pas toujours tenu ce discours exclusivement universaliste, mais qu'elle l'a longtemps équilibré dans une dialectique subtile par un attachement aux patries, aux nations, aux cultures enracinées. « Toutes choses étant égales, les plus proches ont un droit de priorité », disait ainsi saint Thomas d'Aquin.

C'est le point sans doute le plus audacieux de cette dissidence: jouer l'Église d'hier contre l'Église d'aujourd'hui ; opposer la tradition millénaire d'un christianisme européen contre un christianisme mondialisé qui ne serait plus qu'une ONG. Saine colère et utile révolte. Instinct de survie de peuples européens condamnés à mort par l'Histoire et le mépris de tous les puissants, dont l'Église.
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Tintin au pays des Soviets colorisé (mais pourquoi n'est-il pas venu en France ?)

Tintin au pays des Soviet a été colorisé. Les colorisateurs sont-ils venus s'inspirer de la France de 2017 ?

Car les socialistes qui trainent François Hollande dans la boue ignorent ou font semblant d'ignorer que celui-ci est un président très socialiste, façon communisme insidieux.

Car jamais la liberté individuelle n'a autant reculé, la solidarité et les traditions n'ont été dissoutes, l'Etat n'a été autant envahissant. Je vois mal ce que les socialistes peuvent reprocher à Hollande.

L’épidémie de grippe engorge les hôpitaux français : y a-t-il encore un médecin libéral dans l’avion France (et comment en sommes-nous arrivés là) ?

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La politique dogmatique anti- secteur privé menée par Mme Touraine a évidemment dégradé la couverture médicale en ville, avec des jeunes médecins qui n’osent plus s’installer tant les pouvoirs publics ont déprécié l’exercice libéral. Les cliniques privées ont été exclues du service public, i.e. que plus aucune clinique ne peut obtenir de nouvelle autorisation d’ouvrir un service d’urgences. Le rééquilibrage ville-hôpital nécessite de réformer simultanément les deux piliers de la médecine française pour les rendre plus solide dans le nouveau monde. Dans l’esprit du modèle français, cela signifie de renforcer la médecine libérale en ville et de maintenir la mixité public-privé à l’hôpital (avec l’hôpital public comme pilier). On a détruit le modèle français sans proposer d’alternative. Il va falloir reconstruire lors du prochain quinquennat.
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Et l'école française ressemble au goulag (la surveillance et l'humiliation des zeks par d'autres zeks) :

Harcèlement scolaire: l’école moderne est responsable. L’idéologie de la “bienveillance” a construit le phénomène

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En voulant éradiquer l’humiliation des élèves par le professeur, l’école moderne a construit l’humiliation des élèves par leurs semblables. En invitant les « apprenants » à échafauder eux-mêmes leur propre savoir, elle a confisqué l’autorité du professeur. En cherchant par tous les moyens à faire de ce dernier un égal de l’élève, elle a fait de lui un être pas davantage capable de le protéger que ses camarades. 

« Traiter tous les hommes avec la même bienveillance et prodiguer indistinctement sa bonté peut tout aussi bien témoigner d’un profond mépris des hommes que d’un amour sincère à leur égard » disait Nietzsche. On ne saurait mieux résumer l’idéologie de l’Education nationale.
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Mais lui, Tintin, il est plus classe, il n'a pas un scooter, il a une auto.








mardi, janvier 10, 2017

The servile Mind (K. Minogue) … Presque

Je m’aperçois qu’en 2014, je vous ai promis une recension de The servile mind, par Kenneth Minogue, que je n’ai jamais faite … et que je ne ferai pas aujourd’hui !

En revanche, je peux vous proposer ce texte :


La thèse de Minogue : notre démocratie (moderne et occidentale) érode la vie morale, qui est la condition même de fonctionnement de la démocratie (chaque citoyen doit être capable de porter un jugement moral, personnel, qui lui appartienne, pour que la démocratie fonctionne). Le  socialisme libertaire, liberalism en anglais, fait qu’on délègue à la collectivité sa responsabilité individuelle, donc son jugement moral. Emettre l’opinion « correcte »  et « faire les bruits "corrects" » deviennent un substitut au jugement propre. Tout l’édifice intellectuel de la démocratie en devient bancal.

On aboutit donc à une série de paradoxes : les qualités pour être élu ne sont pas les qualités pour gouverner, les citoyens réclament toujours plus de libertés mais s’en remettent de plus en plus à l’Etat, etc.

La résolution de ces paradoxes se fait par la proposition suivante : nous ne vivons pas dans une démocratie mais dans une oligarchie dont les oligarques ont l’intelligence d’entretenir l’illusion de la démocratie. Ce que Maurras avait dit (il n’a pas dit que des conneries, même s’il en a beaucoup au compteur) : « La démocratie, c’est ce régime où les démocrates décident pour qui on a le droit de voter ».

Par quel mécanisme en est-on arrivé là ? Très simple : en collectivisant les devoirs personnels. La justice et l'équité, c'est très bien tant que c'est un devoir qui s'impose à chacun. Mais si cela devient un devoir de la société, cela se transforme en chasse infinie aux inégalités, puisque la nature humaine est inégale, chasse qui opprime et qui emprisonne. Nous connaissons, hélas, le mécanisme par coeur : à chaque « inégalité » résolue par une privation de liberté, on  nous trouve une nouvelle « inégalité » à chasser, qui se résoudra en une nouvelle privation de liberté.

Minogue était un conservateur burkeien : ce qui fait vivre une démocratie, ce n’est pas la théorie, ni même les lois, ce sont les traditions, les coutumes, les habitudes et ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas une tradition qu’elle mérite d’être supprimée. On est, bien sûr, à l’opposé du positivisme contemporain, qui éradique ce qu’il ne comprend pas, c’est-à-dire tout.

Dommage que Minogue soit décédé en 2013, je suis curieux de savoir ce qu’il aurait pensé de l’élection de Trump.

Pour notre universitaire de service, Curmu, un extrait de la nécrologie de Minogue :

Minogue came to take a jaundiced and uncompromising view of contemporary British universities, in 2006 describing most of them as decadent institutions « full of unsophisticated people with opinions about how society and its members ought to conduct themselves ».



L’avenir de la Russie est pas rose, l’avenir de la Russie est morose

Vladimir Poutine est le gagnant de l’année 2016.

Mais ses succès sont de court terme : ni l’économie ni la démographie ne sont en pleine forme et les perspectives ne sont folichonnes.


Quant à la diplomatie et à la politique étrangère, il va falloir transformer les coups de 2016 en succès durables et, vu le merdier qu’est l’Orient compliqué, je lui souhaite bien du courage. C'est toujours mieux que la diplomatie française, qui ne sait pas où elle est et ignore où elle va.

Aux royaume des aveugles ...

C'est pour relativiser le tapage autour de Poutine.