vendredi, décembre 30, 2005

Bilan 2005 : une année catastrophique pour la France

Dans la grande bousculade de ce début de siècle, il semble que certaines démocraties, particulièrement la France, aient choisi le repli sur soi politique et le protectionnisme économique.

Or, ce choix est lourd de périls.

J'estime qu'on peut faire dire à l'histoire ce qui nous arrange et je me méfie comme de la peste des leçons pour le présent qu'on prétend en tirer, j'aime l'histoire pour elle-même, pour la connaissance des hommes du passé et de leurs actions.

Néanmoins, je garde le souvenir que la crise économique et politique des années 30 doit beaucoup aux égoïsmes nationaux, aux protectionnismes et à l'absence de coordination et je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec aujourd'hui.

D'ailleurs, toutes les institutions issues plus ou moins directement de la seconde guerre mondiale, ONU, UE, FMI, Banque Mondiale, OTAN, souffrent.

En France, les deux plus gros symptomes de cet isolationnisme sont le NON au referendum du 29 mai et le vertige social-nationaliste de la gauche.

Dans le domaine intérieur, la croissance des déficits publics, la décomposition de la politique en querelles personnelles, les diverses actions syndicales abusives voire illégales, l'explosion des banlieues, l'éclatement de la collectivité en groupes de pression dispersés montrent bien l'absence de projet collectif.

Seul point positif : il semble que le réflexe bobo qui consiste à considérer comme "fasciste" ou "fascisant" tout acte d'autorité de la part de l'Etat soit en voie de discrédit. C'est important car je pense que l'évitement des conflits nourrit la violence et que l'expression civilisée des conflits génère le progrès.

Aujourd'hui, je pourrais écrire le premier message politique de ce blog (Ebauche d'un projet politique) quasiment dans les mêmes termes. Mon diagnostic et mon analyse sont confortés par les évènements de l'année 2005. Par contre, j'y ajouterai un sentiment d'urgence.

Quand je me retourne sur l'année 2005, un sentiment me domine : la peur.

Considérant les choses du point de vue plus élevée de la philosophie politique, je me suis beaucoup rapproché cette année de Hayek. Il pense que le "gouvernement par ordres", de type dirigiste ou socialiste, où le pouvoir essaie de donner une direction au pays, est inadapté aux sociétés complexes modernes, générateur d'effets pervers et fondamentalement arbitraire, même si, et peut-être surtout, lorsqu'il promeut des bons sentiments comme la "solidarité", que Hayek juge comme une valeur tribale. Hayek est partisan d'un "gouvernement par principes", où le pouvoir définit un cadre légal basé sur des principes fondamentaux sans chercher à obtenir un effet et laisse les individus interagir librement dans ce cadre.

Ce qui a achevé mon évolution en ce sens est la querelle sur l'histoire de France (comme quoi le libéralisme ne s'intéresse pas qu'à l'économie). La tentative dirigiste de juger l'histoire de la loi Taubira a entraîné l'effet pervers d'une surenchère de l'UMP et a provoqué un affrontement des mémoires stérile. On en aurait bien mieux fait de s'en tenir au principe "Ce n'est pas l'Etat qui dicte l'histoire, ni dans le sens de la gauche, ni dans le sens de la droite" et de laisser au débat la seule force des arguments et non celle des lois.

De même, au nom du principe de la liberté d'opinion, ça me gêne que le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme soient juridiquement condamnables en France.

Je me suis aussi rapproché des anti-révolutionnaires : le bilan des guerres révolutionnaires françaises fut tellement lourd que j'en viens à souhaiter que les choses se fussent passées moins brutalement. Hélas, il est vain de vouloir refaire l'histoire, même si c'est à la mode.

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