vendredi, juillet 11, 2008

Sarkozy en «off» sur France 3 : les «media people» sont ils tous des cons ?

J' ai entendu parler d'une video «off», c'est-à-dire piratée, où l'on était censé voir Nicolas Sarkozy tenir des propos scandaleux.

Comme un imbécile, je suis allé voir. Je m'attendais à trouver du Sarkozy d'anthologie. Pas du tout.

Le président y fait une réflexion digne d'une rombière du seizième mais rien de plus. Je ne vous ai pas mis le lien tellement c'est insignifiant.

Je prends généralement nos politiciens pour des pas grand'choses, mais en des occurrences comme celle-ci, j'ai plutôt envie de les plaindre. Voir le moindre mot, même pas vraiment de travers, ainsi décortiqué et monté en épingle, il y a de quoi devenir fou.

Faut-il que les journalistes l'aiment, cette monarchie républicaine qu'ils dénoncent, pour que parole du monarque fasse l'objet de tant d'attention.

Peu avant sa mort, Julien Freund avait des réticences vis-à-vis de la démocratie.

D'une part, le système de sélection des gouvernants amène au sommet les plus retors, les plus acharnés, pas les plus compétents. D'autre part, les sujets abordés ne sont pas ceux qui comptent vraiment, mais ceux qui sont compréhensibles par le public des électeurs.

Sans que je partage totalement ces préventions, ce genre de petit fait me fait descendre à un point bas d'optimisme démocratique.

6 commentaires:

Pierre Robes-Roule a dit…

C'est quoi être compétent en démocratie ?

De Gaulle était-il perçu comme compétent en Mai 40 ? Sénat + Assemblée nationale en 40 ont estimé à l'unanimité moins quelques voix que Pétain était le plus compétent pour la situation. Ce dernier point est ouvert à la discussion.....

Au fait c'est quoi la démocratie ?

Nathan a dit…

Les médias sont à l'agonie. Chaque nouvel événement pour chaque média menace d'un effondrement intégral.
Cela prouve une chose : l'homme, depuis la nuit des temps (sic), met la charrue avant les boeufs, ici en l'occurence son ego et sa bite avant son intelligence.
La démocratie, c'est l'intelligence avant tout.

Salut.

François Delpla a dit…

***De Gaulle était-il perçu comme compétent en Mai 40 ? Sénat + Assemblée nationale en 40 ont estimé à l'unanimité moins quelques voix que Pétain était le plus compétent pour la situation. Ce dernier point est ouvert à la discussion***

à peu près une inexactitude par mot ! Une assemblée "nationale" siégeant en juillet et non en mai, incomplète par la faute très volontaire de l'exécutif, non consultée sur Pétain ni sur de Gaulle, pas nationale pour deux sous car siégeant avec la bénédiction d'un ennemi occupant, etc. La démocratie, précisément, était violée à tour de bras !

Votre thèse devrait avoir meilleure allure à partir d'autres exemples.

Pierre Robes-Roule a dit…

@delpla = à peu prés une mauvaise lecteur par mot !

J'ai beau me relire, je ne vois pas
oû j'ai écrit que le sénat et l'AS s'étaient réuni en Mai. J'ai écrit seulement 40. le Mai s'adresse à De Gaulle.

J'ai beau me relire, je ne vois pas oû j'ai écrit que le sénat + AS s'étaient prononcés sur De Gaulle !

Par contre, n'est ce pas le sénat + l'AS qui ont donné les pleins pouvoirs à Pétain ? Ce qui me semble être un jugement de compétence.

C'est fou comme certaines histoires affectent la compréhension de la lecture

François Delpla a dit…

*sur la date, vous êtes, pour le moins, ambigu;

*sur l'ordre du jour, vous ne l'êtes pas, et prétendez bien qu'il y avait à trancher entre Pétain et de Gaulle : pourquoi le nier maintenant ?

*sur la composition de l'assemblée, vous zappez. Or le simple fait que les 28 parlementaires du Massilia aient été empêchés de siéger par le gouvernement sans levée d'immunité parlementaire (Laval disant mensongèrement en séance publique que les Allemands ont interdit leur acheminement depuis l'Afrique du Nord... et l'excuse étant elle-même juridiquement monstrueuse) interdit de dire que ce sont "la Chambre" et "le Sénat" qui siègent.

Et bien sûr, a fortiori, de tirer de tout cela la moindre leçon concernant les tares ou les mérites de la démocratie.

Anonyme a dit…

"le système de sélection des gouvernants amène au sommet les plus retors, les plus acharnés, pas les plus compétents. D'autre part, les sujets abordés ne sont pas ceux qui comptent vraiment"

c'est également souvent le cas dans les entreprises... ou souvent les profits réalisés à très court terme peuvent masquer aux actionnaires des décisions malheureuses à plus long terme.